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Portrait d'un musicien professionnel aux multiples projets avec Sébastien Druelle
Vendredi 21 avril, Revoc Asylum sera sur la scène de l'espace Barbara après une résidence. Ce concert marquera une nouvelle étape de la formation qui intégrera Sébastien Druelle à la basse, c'est à ce dernier que nous consacrons aujourd'hui ce focus. Multi-instrumentaliste, on le connaît surtout pour sa trompette qui a résonné du groupe Hoe Boy and the Devil jusque sur le dernier album de Tante Adèle et la Famille. De ses cours en tant que professeur à ses nombreux projets musicaux, reprenons notre souffle pour poser la base rythmique de ce portrait.

C'est du côté d'Anzin que la partition de vie de Sébastien Druelle et son côté mélomane se sont révélés. « J'ai baigné là dedans dès mes 4 ans », le musicien puise au plus profond de ses souvenirs en évoquant la société batterie fanfare de sa mère et son grand-père. C'est ce dernier qui lui a donné le « La » avec sa pratique de la trompette, « il faisait ça de façon non-professionnelle, il était électricien de métier ».
Pour Sébastien la musique fut rapidement une affaire de partage et de communion, l'ambiance des défilés et autres carnavals l'a amené à vouloir pousser son apprentissage. Après son initiation à l'école de musique d'Anzin, c'est à 13 ans qu'il pris la décision qui allait tracer son parcours, il se perfectionna au conservatoire de Valenciennes en trompette et percussions avec comme objectif de se professionnaliser.
A l'aube de ses 36 ans, le contrat est rempli. Il enseigne dans cinq écoles dont Beuvrages et Raismes, et il enchaîne les formations, de brass band en groupes. A propos des brass band, on a pu le voir à la trompette avec celui du Hainaut aux Agités du Mélange, et il fut avec la formation de la capitale champion de France en 2012. Sébastien insiste sur l'importance que ces ensembles ont eu sur lui : « c'est un mélange de tout ce que j'ai pu apprendre, et leur son est ce qui m'a toujours attiré ».
L'autre aspect de sa pratique de l'instrument cuivre est ses collaborations à des groupes. La première fois que nous avons croisé la route de Sébastien c'était en tant que membre de Hoe Boy & the Devil, aux sons inspirés du sud des États-Unis et de distillerie clandestine. « J'ai croisé leur route après que mon ami Romaric Loirs m'ait emmené voir un de leur concert chez Jules et Madeleine au Clair de Lune. On avait nos trompettes et on a fini la soirée à jouer avec eux, ils nous ont ensuite proposé de les rejoindre ».

La pratique de la trompette a amené Sébastien Druelle à collaborer à un projet qu'il qualifie lui-même de « énorme plaisir ». C'est lui que vous entendez sur Farniente, la piste qui conclut Welsh World, le dernier opus de Tante Adèle et la Famille. C'est Tof, membre du groupe en kilts, habituellement aux parties cuivre qui lui a proposé de venir participer à l'enregistrement. « Pour être honnête, je ne savais pas comment m'intégrer, ils ont un univers propre à eux ». Il ne croit pas si bien dire, la touche TAF est faite de spontanéité, et quand Seb cherchait un son « en faisant comme un cheval », Raf le chanteur lui a dit « c'est ce qu'on veut, on garde ». Le rendu donne une ambiance emportée où son instrument habille de façon suave le final du morceau. « J'ai pu grâce à ça jouer à leurs côtés lors de la sortie du disque à la MJC de St Saulve, c'est un excellent souvenir ».

Laissons l'instrument à vent de côté pour s'intéresser aux cordes et en l'occurrence la basse. Sébastien disait être intéressé par sa pratique sans oser passer le cap, et il a fallut un coup de pouce de Marine, sa moitié, pour le faire. « J'accompagnai mon filleul dans un magasin de musique pour qu'il s'achète une guitare, je regarde une basse en particulier, et avant que j'ai le temps de comprendre mon épouse me l'a acheté ».
Dès lors, le voici à s'essayer à l'instrument et on lui propose rapidement d'en jouer, « la première fois ce fut pour l'album Clémentine et Chocolat de Miss ENKO. J'étais venu pour y faire de la trompette mais Sandrine et Phil ont insisté pour que je les accompagne à la basse ». Voici donc Sébastien en tant que musicien rythmique, une qualité qui a su séduire Pierre Charlet lorsqu'il a voulu fonder une formation lors de son retour dans le Nord. « Avec lui et Fred à la batterie on est tous gémeaux, c'est ainsi que le nom GMO3 est né ».

A ce jour Sébastien collabore toujours à Miss ENKO, et sa dernière aventure musicale en date se fait aux côtés de Revoc Asylum. Avec Laurent Bultot et sa famille scénique, Sébastien a déjà une longue histoire : « j'ai joué avec eux lorsque j'étais enseignant à St Amand dans le cadre de la tournée Lézarmonic Tour des Lézard Martien ».
Aujourd'hui il prend le relais de Eric Bricout, « j'ai un peu la pression j'admets », et à l'heure où nous publions cet article il est sur la scène de l'espace Barbara en pleine résidence qui prépare au premier concert de la nouvelle mouture de Revoc Asylum.
Vous pourrez également le voir le 29 avril à Maubeuge avec son projet de cover acoustique intitulé S2D2, « un nom qu'on a choisi avec mon camarade qui s'appelle également Sébastien et dont le nom de famille est Descarpentries qui débute aussi par un D », et enfin il se produit aussi avec Traffic, l'ensemble de musiciens et choristes spécialisé en reprises en tous genres qu'on a pu écouter notamment à Vieux-Condé en novembre dernier pour le Téléthon.

Sébastien se félicite d'être intégré
dans ce réseau de musiques actuelles du valenciennois et de ses
opportunités, et comme beaucoup vise de pouvoir se produire au delà
de l'arrondissement. Outre l'enseignement et la scène, il a fondé
suite à sa formation de technicien du son au Campus des Musiques
Actuelles le studio d'enregistrement R'Prods.
Ce portrait témoigne d'une véritable vivacité de sa part, aussi bien à l'aise dans les formules intimistes que dans les grands groupes et brass band. Pour lui, souffle un vent à la rythmique passionnée, qui lui colle à la peau comme ses tatouages où s'entremêlent notes, micros et instruments.
X.V.
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