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Madame Bovary devient un roman-performance sur les planches du Phénix
De la lecture, du jeu, de la vidéo et de la musique, tels sont les ingrédients du roman-performance. Ce format qui se démarque de l'adaptation par son côté immersif, est depuis 2018 une des marques de fabrique du metteur en scène Hugo Mallon. Ainsi après l'Éducation Sentimentale, c'est une autre œuvre de Flaubert qui a droit à sa version roman-performance, en l'occurrence Madame Bovary. C'est pas moins de six représentations qui se tiendront jusqu'au 15 octobre au Phénix, la première du mardi 7 fait suite à une période de résidence et à cette occasion le metteur en scène à échangé avec nous à propos de sa création.

Vous pensez connaître Madame Bovary ? Le metteur en scène Hugo Mallon était comme vous, avant qu'il entreprenne de s'immerger une fois de plus dans le roman de Flaubert. Alors qu'il s'apprêtait à renouer avec une « vieille amie qu'on croit connaître par cœur», ses attentes ont été chamboulées par un nouvel éclairage qui s'est imposé : « l'intensité de la claque a été proportionnelle à l'étendue de mes préjugés. C'était la troisième fois que je lisais Madame Bovary, et je comprenais enfin ce livre. Quand je dis comprendre, ce n'est pas seulement intellectuel, c'est surtout de l'ordre de la magie ». Un tour de passe-passe qui devait aller vers sa destinée : rencontrer les planches à l'instar de l'Éducation Sentimentale en 2018, et pour ce faire Hugo Mallon a une méthode, le roman-performance.

Pour bien comprendre ce qui est entendu par roman-performance, Hugo Mallon développe son propos avec la notion de lecture augmentée : « le privilège du théâtre est de permettre de faire «lire» à une communauté de plusieurs centaines de personnes un même livre en même temps ». Selon le metteur en scène, « à jouer et incarner on ferme des portes », ici l'imagination est au service du récit, et la technique vient enrichir l'expérience.
Ainsi par un jeu de captation et de diffusion de vidéos en direct, c'est une nouvelle fenêtre vers l'intimité du récit qui s'ouvre. De plus, l'usage de cette technique n'est pas qu'une nécessité qui accompagne la lecture, c'est aussi une marque d'une époque : « nous sommes ici au Phénix dans la maison de Gosselin », remarque à juste titre Hugo Mallon, « et je suis d'une génération pour laquelle l'usage de la vidéo n'est plus une question ».
« on se reconnaît dans Emma, homme ou femme, c'est un trou noir en mouvement qui permet toutes les identifications »
Sortir des carcans serait le mot d'ordre, surtout qu'il s'applique aussi bien à la forme qu'au fond de Madame Bovary en roman-performance. Car l'histoire d'Emma est celle « de toutes les dominations », et en cela certains combats méritent de s'y attarder siècle après siècle. La modernité de Madame Bovary résiderait dans son universalisme, « on se reconnaît dans Emma, homme ou femme, c'est un trou noir en mouvement qui permet toutes les identifications ». Une complexité traitée à travers un récit où il fallait faire des choix dans les passages, « car sinon la lecture aurait duré trop longtemps, il fallait savoir parler d'ennui au spectateur sans l'ennuyer ». Cela dit Hugo Mallon estime que contrairement à certaines adaptations, son roman-performance garde les « mouvements du livre à toutes les étapes ».

La date du 7 octobre sera la première de cette co-production du Phénix. Avant cela, Hugo Mallon et la compagnie L'Éventuel Hérisson Bleu ont pu répéter les ultimes étapes en résidence sur les planches de la structure écarlate du boulevard Harpignies. C'est à six représentations jusqu'au 15 octobre que vous aurez l'opportunité d'assister. Un moment de partage où nous sommes tous un peu Emma que cette « lecture augmentée » de l'œuvre de Flaubert.
X.V.
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