Hainaut Belles Bretelles : toutes les chaleurs de l'édition 2026 et ses zones d'ombre

26/05/2026

Après trois jours passés sur place et à travers nos réseaux, il est temps de dresser un bilan de l'édition 2026 du Hainaut Belles Bretelles. L'accordéon a résonné une fois de plus sous diverses formes et genres, dans une chaleur autant humaine que estivale. A l'image des plus de 12 000 visiteurs qui ont passé les portes de l'événement d'Hergnies, nous sommes contraints de rendre compte du festival avec les ingrédients qui font son succès tout en cherchant les zones d'ombres. Un cru qui restera comme un marqueur fort d'un monde de musique, fort d'une cohésion de l'équipe en charge, et qui confirme que même si connaît le HBB, il sait se renouveler et innover.

18 éditions pour le Hainaut Belles Bretelles, ne tombons pas dans la facilité d'associer ce chiffre à un âge de maturité, cela fait longtemps que l'on sait que le festival de Hergnies a tout d'un grand. Cette constatation est faite en premier lieu par les artistes, pas un concert ne s'est déroulé sans que les remerciements aillent à l'équipe organisatrice, venir au HBB c'est l'assurance d'un accueil particulier associé à un véritable professionnalisme. 

« On y est un peu comme dans une bulle », nous disait le bénévole Frédéric en arrière scène. Il est vrai que c'est une âme et une ambiance que l'on vient chercher sur les airs d'accordéon. Une « safe place » pour utiliser un anglicisme, où les visiteurs savent qu'eux-mêmes, ainsi que leurs enfants, et les grands-parents de ces derniers, sont chacun considérés et trouveront leur place à travers les offres musicales, loisirs et jeux, ou restauration.

Certains festivals mettent à leur cahier des charges la nécessité de rendre leur événement familial. Au HBB cela se fait naturellement, « aux jeux en bois les parents jouent de plus en plus avec les enfants, ce n'est pas une garderie », confirme Albert en charge du pôle. 

Même chose pour l'angle inclusif, ce n'est pas pour répondre à une tendance qu'on retrouve les résidents du foyer l'Orée du bois de Condé sur l'Escaut à l'accueil, ou les « loulous » de Cerfontaine de Peruwelz qui aident à gérer le matériel des artistes en arrière scène, leur présence découle d'un long cheminement. Que ça soit Brigitte qui travaillait sur les dossiers sociaux au département, Laurent en addictologie, ou Franck en tant qu'éducateur, ces bénévoles ont su faire le lien entre leurs métiers, et leur implication dans l'associatif et le culturel. En résulte une présence depuis plus de 10 ans d'un large éventail de profils, devenus tous aussi essentiels à la bonne tenue du festival.

Vous vous souvenez de l'orage qui a entaché la soirée du samedi en 2025 ? Cette année le ciel ne s'est pas abattu sur le festival de la même façon. Ainsi d'un extrême à l'autre c'est des températures qui dépassaient les moyennes de saison qui ont joué sur l'affluence. Vous avez été nombreux à préférer venir en fin d'après-midi, et pour ceux qui étaient présents dès l'ouverture des portes, vous avez privilégié les zones d'ombres de chaque côté du site. 

Un soleil de plomb qui n'a pas empêché les notes d'accordéon de s'envoler, mais qui a démontré une fois de plus que la meilleure volonté du monde de mener à bien l'organisation d'un événement en extérieur se heurte fatalement à l'inconnu des variations de la météo. Un angle qui fait dire à Adeline salariée du Club Léo Lagrange que « chaque année on écoute les festivaliers, on essaie de répondre au mieux aux attentes, mais les besoins d'une édition ne sont pas les mêmes que la suivante ». Un constat qui oblige les organisateurs a se renouveler constamment.

La musique a ceci de particulier que c'est un art qui demande de la pratique, de la rigueur, et ce qui est pensé dans les moindres détails sera toujours amélioré par la spontanéité. Qui aurait pu imaginer que le tour de chant de Canzonieri autour d'un répertoire italien déchaîne autant les foules qui reprenaient en chœur leurs refrains ? 

Quand Jenny J s'assure avec la technique qu'elle peut s'éloigner de la scène guinguette Kaï où la chaleur s'accumulait pour aller vers les tables, on a vécu un moment de proximité ou certains se levaient pour valser à ses côtés. Ce fut le même engouement et un plaisir partagé reçu de la part des artistes en déambulation, ou les « déambulateurs » selon la formule cocasse trouvée par Claude Chevalier. 

Jusqu'aux derniers rappels de Nath & The Boyfriends en fin de troisième journée, le festival a aussi vécu au rythme de belles surprises grâce à la complicité des spectatrices et spectateurs. « Il n'y a qu'ici que je vends 8 CD d'un coup en sortant de scène », nous rapportait le sourire aux lèvres Adrien des Gambes ed min pied.  

Toujours sur l'angle musical, on pourrait parler d'une programmation musique du monde quand on regarde dans son ensemble les artistes invités. En effet, nous avons fait le tour de la méditerranée avec les Désorientés, en Amérique du sud pendant le concert de la Cumbia del Infinito, on a été de l'autre côté des Pyrénées lors du set de Tres Ojos et on a passé les alpes avec Canzonieri. Un voyage qui s'est complété des sonorités Irlandaises des Chiens d'Mer pour aller au plus près de nous Tout en haut de ch'Terril grâce à Ch'est d'min coin

Alors musique du monde ou un monde de musique ? La réalité est que cette offre apportée n'est pas réfléchie au delà de la nécessité des programmateurs d'être au fait des tendances et sonorités du moment. « Déringardiser l'accordéon » selon la formule répétée passe par la recherche des artistes émergents et leurs inspirations variées.

Le Hainaut Belles Bretelles est un événement qui compte pour beaucoup, et d'ailleurs quelles statistiques en tirer ? Plus de 12 000 entrées au total, en prenant en considération que certains festivaliers n'ont pas manqué une journée. Le bar nous a communiqué des éléments révélateurs de l'affluence, on retiendra le produit star de notre patrimoine avec la bière La bise de la brasserie Duyck qui s'est écoulée à raison de 41 fûts de 30 litres de blonde, et du côté des softs c'est 17 fûts de 30 litres de cola qui vous ont rafraîchi. 

De notre côté nos publications sur les réseaux sociaux ont généré plus de 84 000 vues le samedi, 94 000 le dimanche pour terminer à 102 000 le lundi. Des publications pour garder le lien grâce à la technologie des réseaux dans notre poche, et en lisant vos commentaires nous savons que nous n'avez pas seulement vécu l'événement par procuration mais bien à nos côtés, que vous soyez valenciennois, voisin belge ou de la métropole lilloise.

A l'heure où nous publions ce compte-rendu, les bénévoles s'activent à ranger les installations, et ensuite il sera venu le temps de compter les recettes. Un festival gratuit d'accès qui perdure grâce à ses soutiens institutionnels et les achats que vous y faites, porté par une équipe de 150 personnes qui y donnent leur temps et leur énergie, on souhaite que la formule perdure en 2027, et osons se projeter en 2028 avec la vingtième édition qui se profile déjà dans les esprits.

X.V.  



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