Malab'arts, c'est cette petite bulle colorée qui n'arrête pas de gonfler, et qui est insufflée par la volonté de David Sohyer. Un collectif porté par l'association Potakas, qui à partir de valenciennes fédère des artistes dans toute la France. L'objectif est simple, mutualiser les productions et trouver des murs pour les exposer. Une dynamique qui...
Focus sur la dynamique Malab'arts, ce collectif d'artistes qui a du piquant
Malab'arts, c'est cette petite bulle colorée qui n'arrête pas de gonfler, et qui est insufflée par la volonté de David Sohyer. Un collectif porté par l'association Potakas, qui à partir de valenciennes fédère des artistes dans toute la France. L'objectif est simple, mutualiser les productions et trouver des murs pour les exposer. Une dynamique qui englobe des pratiques allant du pop art à l'art brut, de la peinture à la sculpture, ou même photographie et gravure, le tout au service d'expositions dans des bars, brasseries ou galeries. Un phénomène qui n'a pas échappé à Valexplorer, et qui fort de nombreux projets mérite qu'on s'y attarde le temps d'un focus dédié.

« Pour les Malab'arts, il était important d'identifier les locaux avec un vrai gros talent, une personnalité saine et un esprit de collectif ». C'est par cette introduction que David Sohyer présente la raison de la création de l'association Potakas. Un discours rodé et maîtrisé qu'il envoie à tous ceux qui pourraient accompagner la dynamique, gérants de bars et responsables de lieux d'expositions, adjoints municipaux à la culture, et en l'occurrence pour cet article représentants de la presse.
Après plusieurs vies dans différents coins de la France, David a découvert le valenciennois et y a identifié un vivier d'artistes, et surtout des réseaux notamment en exposant à la Fabrique des Arts de Denain. L'artiste aux productions inspirées de pop culture, d'animaux, d'absurde, le tout aux couleurs bariolées, a voulu reproduire à son niveau l'effervescence qu'il a observé, en y apportant sa patte personnelle avec un credo : « faire le lien, j'aime relier les gens entre eux ».

Lorsque nous avions consacré une entrevue à David Sohyer en octobre 2025 à l'occasion de son exposition à Denain, l'artiste nous avait alors confié son envie de collectif. « Yann Kempen, Adrien Nicodème », il avait déjà quelques idées de confrères avec lesquels lancer l'idée qui deviendra Malab'arts.
Un peu plus de 6 mois plus tard, le projet s'est concrétisé et c'est une trentaine de noms qui se sont ajoutés à la liste parmi ceux-ci Pascal J. Dubois, Léa Delaby, Bertrand Lefebvre, ou Antoine Lopez pour ne citer qu'eux. Des artistes que David a su convaincre avec son idée moteur, celle d'organiser une grande exposition collective, un festival des arts contemporains, le « projet K ».
Pour ce faire, plusieurs étapes étaient nécessaires, tout d'abord le statut associatif, « un espace démocratique, pour les actions et les recherches de partenaires c'est une dictature, c'est moi le décideur », si vous ne connaissez pas encore David vous avez une idée de son tempérament rigoureux avec une pointe de fantaisie.
Des collectifs, l'artiste Yann Kempen en a vu passer depuis son 1er prix Jeunes Créateurs Lefranc-Bourgeois des Beaux Arts de Paris à la fin des années 1990, il note cependant une qualité chez David : « il n'a pas ce côté désabusé ». De ce fait, le peintre s'engage à ses côtés, « je ramène des gens qui sont dans l'esprit, il faut que ça colle ». Cet esprit, David le veut avec une ligne définie : « il faut qu'il y ait un peu de piquant dans les œuvres ». L'engouement de David se singularise aussi par son travail de terrain : « il a des résultats », souligne le graveur Tête de Lino.

Des résultats que vous avez sûrement déjà observés. Vos bars, restaurants, et brasseries se sont ornés de travaux d'artistes du collectif, avec certains rendez-vous se passant même de façon simultanées. Valenciennes et les villes de l'arrondissement vivent désormais la déferlante Malab'arts, et le collectif est prêt à s'exporter sur la métropole lilloise et même outre-Quiévrain.
David enchaîne les rendez-vous, enrichit son carnet d'adresse, et les partenaires et artistes suivent, Malab'arts compte désormais des membres originaires de Troyes ou de Normandie. Plus de 35 noms à ce jour, et ça ne s'arrête pas ! Pour avoir vu David à l'œuvre il lui suffit d'un échange dans un bar, des photos de travaux présentées sur un compte de réseaux sociaux, et il valide ou pas, le peintre graffeur Opoil est l'un des derniers qui est reparti avec la carte de visite en guise de sésame.

Malab'arts est aussi une mécanique de communication bien huilée, un site internet présente les artistes et les expositions, et des badges qui reproduisent leurs travaux sont dans la besace de David qui les écoule plus vite qu'il n'a le temps de les produire. A la publication de cet article, vous pouvez retrouver une exposition regroupant les travaux de Cléa, Tête de Lino et Alessandra Silva à la brasserie La Bande à Nana de Valenciennes jusqu'au 11 mai.
Dans un futur proche divers événements sont d'ores et déjà en chantier, avec le Malaba'Girls à St Saulve en févier 2027, une collaboration avec La Barjo de Onnaing en juillet, des actions comme le salon Malab'Arts Bruts à la rentrée de septembre, un marché des artistes à noël, et de l'autre côté de la frontière une collaboration avec Alfredo Di Longo, figure de l'art sur Mons, avec projets d'expositions dans une galerie et même festival.

La dynamique est lancée, et pas prête de s'arrêter. L'engouement de David Sohyer fédère, et ce n'est pas un vain mot. Lors de réunions comme celle où nous avons assisté au Camel à Léon, les idées sont du même acabit que les productions des artistes, avec ce fameux piquant. Ainsi quand Andrzej Jenski propose un « Malab' arbecue », David valide. Un esprit malicieux anime l'ensemble, plus que jamais les arts sont forts d'une réelle plasticité.
X.V.
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