La franchise des tableaux de Natacha Kolacinski à voir au Café @ Work

28/04/2023

Le Café @ Work de l'avenue du sénateur Girard à Valenciennes s'inscrit dans la tradition des commerces de l'Athènes du Nord qui consacrent ses murs à des expositions. Le lieu dédié à apporter de bonnes conditions de travail à ses clients donne aussi l'opportunité à des artistes de faire découvrir leurs travaux. En ce moment c'est les toiles de Natacha Kolacinski que vous pouvez y retrouver. Entre inspiration surréaliste et tradition française de l'irrévérence, c'est tout un univers où blessures de l'âme rejoignent jeux de mots et clins d'œil à la culture populaire.

En passant les portes du Café @ Work vous y trouverez tout le confort pour venir y travailler seul ou en groupe, espaces communs et salles sont mis à votre disposition, avec un soin apporté au détail comme des codes WIFI sur papier et des coupelles remplies de sucreries. 

Pour habiller le lieu, les gérantes Agnès et Nicole ont rapidement voulu dès l'ouverture proposer leurs murs à des artistes. « Tant que ça s'accroche on est ouvertes aux propositions », précise Agnès. Ainsi après Sylvie Docenko, Bruno Collet ou encore Ana-Lucia Montezuma, c'est au tour de Natacha Kolacinski d'y présenter ses travaux.



Natacha est le genre de caractère qui n'a pas peur de s'exprimer, aussi bien à l'oral qu'avec ses pinceaux. Formée aux beaux-arts à St Luc à Tournai, ancienne militaire, elle a aussi bien fait du social en tant qu'éducatrice, et elle a pansé les bobos du corps et de l'esprit en réalisant des fresques dans des hôpitaux comme celle qu'on peut encore voir à Valenciennes au service pédiatrie. Une pluralité qui fait que son univers est constitué de travaux qui parlent à la fois de maltraitance et ses engrenages, que de détournement d'œuvres populaires comme l'affiche du film Emmanuelle.

C'est en feuilletant un livre d'art à 7 ans qu'elle eu une révélation : « plus tard je veux être Dali », a-t-elle dit à son père. Aujourd'hui encore, le maître du surréalisme l'inspire et sous son pinceau St Antoine devient Aphrodite dans une réinterprétation de La Tentation, « avec une paire de fesses d'hommes pour que les dames apprécient ». 

 Natacha Kolacinski prêche une « culture pour tous » selon ses termes. En pratique, elle veut rapprocher les gens à travers les messages qu'elle veut passer dans ses toiles. Elle montre l'exemple en nous montrant un portrait de la chanteuse québécoise Linda Lemay, « que je n'aime pas particulièrement, mais j'ai eu l'occasion de discuter avec elle, et on s'est rendu compte qu'on avait le même anniversaire. Quand je l'ai revu je lui ai présenté ce portrait qu'elle a dédicacé, il sert même d'illustration sur le blog de son fan-club ». D'autres pièces sont plus intimes, représentant sa petite-fille ou dédié à ses parents, joies et peines familiales ici partagées avec tous.

Sous ses peintures, vous trouverez souvent des jeux de mots, « l'un des sens est l'indécence », ou « Rouge à Leffe ». C'est pour Natacha une façon de s'inscrire dans une tradition franco-française d'humour décalé avec les mots et leurs sens. « Je suis Charlie » nous dit-elle en citant ses maîtres à penser que seraient Coluche ou Gainsbourg. Ainsi rien d'étonnant à ce que son exposition reprenne le titre d'une de ses œuvres, avec cette formule empruntée à Desproges : « l'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne ». 

C'est une des toiles que vous pourrez voir sur les murs du Café @ Work jusqu'au 4 juin, avant la prochaine exposition consacrée à Adeline Potier qui débutera le 12 juin. D'ailleurs si vous souhaitez exposer dans le lieu, n'hésitez pas à contacter ses responsables, « mettre à disposition nos espaces est pour nous un échange gagnant-gagnant avec les artistes », nous dit Agnès.

X.V.



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