La culture tibétaine toujours vivante et en évolution avec Lobsang Chonzor

07/12/2021

Cette fin d'année est riche en actualités pour Lobsang Chonzor. Le plus tibétain des valenciennois cumule les récompenses et les projets, avec toujours la même optique : ouvrir sa culture traditionnelle sur le monde, en y ajoutant une modernité qui la rend d'autant plus vivante. Une invitation dans un univers méconnu par la plupart des français, dans lequel il nous accueille avec un grand Namasté.

Dire de Lobsang Chonzor qu'il est tibétain serait une semi-vérité. En effet, il est né et a vécu la majeure partie de son existence en Inde. Tout comme les milliers d'enfants de personnes qui ont subit l'exode de la fin des années 50. Son Tibet, il le vit à travers l'héritage de ses parents, et les enseignements de sa religion bouddhiste. Toute une culture qu'il porte en lui sans jamais avoir foulé le sol de ses origines. Et pourtant, pour Lobsang il est nécessaire voire vital qu'il entretienne ce patrimoine, et ce terme est d'autant plus fort qu'il l'associe à la notion de Guru : « qui est aussi bien un guide spirituel, que tes parents. Cela désigne tous ceux qui te guident sur leur voie ». Ainsi le Tibet qu'on lui a transmis, à son tour d'en faire autant à travers la pratique artistique.

L'actualité de Lobsang concerne d'abord son ensemble Kyab Yul Sa / Résonance d'exils, un trio où il évolue aux cotés de la violoniste Margaux Liénard et du percussionniste Julien Lahaye. En novembre la formation fut l'un des trois lauréats de la cinquième édition du prix des musiques d'ici, un concours qui se définit comme « une action concrète qui montre la richesse des musiques de France, dans la diversité de leurs origines ». Lobsang nous parle de son arrivée en tête de ce concours : « il y avait au début 150 candidatures, la sélection s'est réduite à 6 avant l'annonce des résultats. Être des finalistes était déjà pour moi une grande victoire ». Il évoque la difficulté dans sa branche musicale d'intégrer les réseaux nécessaires à plus de visibilité : « grâce à ce prix on met un pied à l'intérieur. On va bénéficier d'un accompagnement, de résidences, jusque la production et diffusion d'un disque ».

Fin novembre, l'emploi du temps de Lobsang et ses amis musiciens fut chargé. Tout d'abord un passage à l'université d'Artois pour une journée d'échange. Une action qui motive le partage culturel voulu par l'artiste. Car il l'admet, les français ont une faible connaissance du Tibet, de son histoire et de ses enjeux. « Trop souvent on me demande pourquoi je n'ai pas le crâne rasé et des habits orange », s'en amuse-t-il. Ainsi loin des clichés, il chante et joue sa culture, et prend le temps entre chaque tableau d'expliquer le rôle des instruments et leur histoire, il évoque la géopolitique telle que le ferait un bouddhiste : « dans nos enseignements on va vers le voisin. En dépit de l'histoire de la Chine et l'incorporation du Tibet, on prône l'ouverture et le dialogue ». Après ce passage à Arras, c'est pour trois jours de résidence que les musiciens ethnologues sont partis à Calais. Une nouvelle étape dans la salle du Channel pour étoffer son spectacle sur le Tibet d'hier et d'aujourd'hui : « on y montre que la culture tibétaine est toujours vivante, et même qu'elle évolue ».

Enfin dernière actualité, plus proche de nous à Valenciennes avec son duo Root Guru aux côtés de Esteban Fernandez. Un morceau fort et lancinant, où les deux sociétaires de l'espace Pasolini ont collaborés ensemble. Il était temps diront certains, tant ce duo avait tout pour s'associer et créer à quatre mains. Car entre Lobsang et l'espace Pasolini il existe un lien fort, ce que partage Esteban. C'est une longue histoire qui remonte à 2006 et sa participation aux Résidences du monde. Un projet satellite au Carrefour International, temps fort de la structure valenciennoise, qui prône le mélange des techniques musicales et leurs savoir-faire. Après cette expérience, le contact était gardé avec Paso, et un jour vint un message de son fondateur Philippe Asselin qui lui proposa de revenir sur une période de quatre ans. « J'étais comptable en Inde, et je voulais vivre de la musique, mais ce n'est pas évident quand on est comme moi issu d'une caste d'immigrés ». La France et le statut intermittent du spectacle lui ont permis de réaliser son rêve, et en 2008 Lobsang est ainsi devenu définitivement un nordiste.  

Photo - Guick Yansen
Photo - Guick Yansen

Entre Lobsang, Esteban Fernandez et Philippe Asselin, les échanges vont bon train, et pourraient déboucher sur un nouveau projet. Une création contemporaine avec de la danse. Un « challenge » comme le décrit Lobsang, avec toute une ligne temporelle de l'histoire du Tibet, à l'exil de ses parents, jusque son combat pour préserver sa culture. « C'est mon récit, celui de mon père et ma mère, celui d'un peuple ». Une création qui est en gestation et qui une fois arrivée à terme vous sera annoncée par Valexplorer.

X.V.



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