Assister à la première de Random à l'espace Barbara n'a rien du hasard

06/11/2026

S'intéresser à la programmation de l'espace Barbara est déjà un premier choix de votre part, le faire par le biais de votre média culturel en est un second et on vous en félicite, enfin en savoir plus sur Random qui se jouera le mardi 10 novembre est une troisième démarche et même la plus importante. Toute une suite de décisions, mais pas si fortuites car vous avez d'autres opportunités face à vous. Ce libre arbitre va faire que dans les minutes qui suivent vous lirez cet article pour finir de vous convaincre d'aller voir la création signée de la compagnie du Grand Brasier qui se jouera pour la première fois en public.

Photo: © Véronique Larrue
Photo: © Véronique Larrue

Être comme à un carrefour de son existence, faire le choix de prendre une nouvelle direction, on connaît tous cette nécessité, et ce n'est pas Simon Dusart qui dira le contraire. En effet, si il y a un peu de nous dans Random, on y trouve aussi des parallèles avec la trajectoire du directeur artistique. « Comme un écho à une expérience collective et personnelle », dit-il en évoquant la naissance de la compagnie le Grand Brasier, nouvelle étape de sa vie professionnelle après 2014 à œuvrer à la compagnie Dans l'arbre qu'il avait co-créé. Mais en y regardant de plus près, Random ne parlerait pas que de choix, mais aussi d'individu et de collectif, « expérience collective et personnelle », les propos de Simon Dusart reviennent et prennent un tout autre relief.

Prenons Random par l'angle du collectif, avec tout d'abord la scénographie. Quand vous rentrerez dans la salle de l'espace Barbara pour la première de la création le 10 novembre vous y trouverez deux gradins qui se font se face. « Une cinquantaine de chaque côté, et au milieu deux interprètes, chacun joue un monologue », Simon plante littéralement le décor. De là qui entre le personnage de Norah, interprétée par Sarah Lazreq, qui se dit très adaptable, ou de Maxime Guyon dans le rôle de Victor l'enfant du milieu d'une fratrie de trois frères, aura votre préférence ? 

Casque sur les oreilles, vous serez amenés à choisir un monologue plutôt qu'un autre, jusqu'au moment où vous souhaiterez en changer, à votre guise. Une création interactive, de proximité « avec l'acteur et l'actrice qui vous regardent dans les yeux », et dès le départ un choix à faire entre l'une et l'autre, « décider c'est presque facile, c'est ce qui motive le choix qui demande explication ».

Allons dorénavant sur le personnel et l'individu. C'est qu'il peut se sentir seul l'adolescent, où conscient d'être à une étape de son existence la pression s'abat sur lui pour faire des choix, des bons forcément. Pour confronter le principe de Random au plus près de la réalité, Simon Dusart et son équipe sont allés à la rencontre d'adolescents, comme ce fut le cas au collège Jean Zay de Lens, « Avec elles et eux, on a aussi abordé plein de sujets. On a parlé dilemme, conflit de loyauté, emprise, trigger warning et relation toxique. On a parlé futur, orientation, carrière et voitures de luxe ». De cette étape a suivi celle du test, car d'intuition en écriture, de dialogue en synthèse, Simon voit son travail comme celui d'un éditeur, « comme ma relation avec Clémence Weill à l'écriture, c'était un va et vient, des allers-retours de réflexion ». Des individus qui se jouent collectif une fois de plus.



Le 10 novembre, vous serez au départ team Norah ou team Victor ? Et pour combien de temps ? Lors des cinq saynètes, allez-vous rester entièrement sur l'une, partir sur l'autre, revenir et faire des vas-et-viens ? Random, cet anglicisme résume la démarche, entre choix et ressenti, Simon emprunte un autre terme à la langue de Shakespeare : « fear of missing out, ou la peur de manquer quelque chose ». Chaque récit est complet, et pourtant il peut se révéler complémentaire, tout comme chaque destin est unique, mais si on y regarde bien on peut trouver des similitudes entre les trajectoires de chacun.

Photo: © Véronique Larrue
Photo: © Véronique Larrue

Avec cette première, la fiction viendrait se jouer de la réalité, à l'heure où la jeunesse défile dans les rues pour se réapproprier leur présent et leur avenir. « C'est toujours compliqué d'imaginer une dystopie, quand l'histoire nous rattrape », s'en amuse Simon Dusart. Victor, Norah, et vous public, toute une galerie de personnages et d'acteurs partageront des moments Random à l'espace Barbara, de l'individu vers le collectif, des petits bouts qui forment une grande toile, il y a si peu de hasard.

X.V. 

Random - Cie Le Grand Brasier

  • Espace Barbara / Petite- Forêt
  • 10 novembre
  • 20 h 00 > 21 h 30
  • Prix : 7€ à 14€
  • à partir de 13 ans

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