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Anatomie d'une exposition à Fresnes avec Marion Cheung
Pour lancer 2024, le Musée Vivant des Enfants a misé sur la découverte, en effet l'artiste invitée y présente ses œuvres pour sa toute première exposition en solo. C'est avec l'intitulé « A Corps Ouverts » que vous pourrez retrouver les travaux de Marion Cheung, dans un ensemble qui comprend gravures, études, ou même sculptures. Un univers où le côté binaire des noirs et des blancs vient mettre en valeur les corps, de chair ou d'os, une exploration de ce qui est caché, du plus profond des catacombes jusque dans nos entrailles. A voir jusqu'au 9 février.


Avec « A Corps Ouverts », le Musée Vivant des Enfants remplit une de ses missions, celle de dénicheur de talents, et de promotion de leurs travaux. C'est Marion Cheung qui bénéficie en ce début 2024 de la politique de la structure de Fresnes sur Escaut. « Nous l'avons découvert suite à un très bon conseil de David Mostacci », explique en préambule le fondateur du MVE, Patrice Heems. C'est ensuite en tant qu'amoureux des techniques de gravure qu'il s'exprime : « certains travaux sont comme un vitrail, je reste sidéré ». Il fait référence entre autres à ces bustes dont l'un a servit à illustrer l'affiche de l'exposition : des femmes aux visages impassibles, et aux torses ouverts comme lors d'une dissection, le tout entouré d'un cadre garnit de corps, cranes, et autres effets de broderies.
Trois de ces figures sont exposées dans la cave de l'ancienne brasserie de la rue Pasteur, et sont regroupées sous le titre de « grâces anatomiques ». Marion Cheung en parle comme des « planches anatomiques », et explique que son inspiration vient de sa découverte des cires du Musée de la Specola de Florence. D'ailleurs l'Italie et son patrimoine ont fortement marqué l'artiste, elle s'y est initiée aux techniques qu'elle exploitera plus tard, telles la lithographie, les différentes méthodes de gravure sur bois et sur linoléum ou en creux, et aussi la sculpture.
Un pan de l'exposition au MVE est ainsi consacré à ses travaux réalisés lors de ses études à Palerme. Des méthodes qui lui ont permis d'explorer les thèmes qui lui sont chers, en l'occurrence les corps, leurs postures pleines de vie, et à l'opposé les squelettes et leur côté figé.
« Oui j'ai une fascination pour le macabre, ce fut même mon sujet de mémoire en Master », précise Marion Cheung. Chez elle, l'idée est de considérer la mort comme partie intégrante du monde du vivant. Les cranes et leur côté immaculé sont une des expressions de sa pratique du blanc et des jeux de la lumière, le noir est là lui pour broder les espaces. A Palerme et Paris, elle su s'inspirer des ossements qui ornent les catacombes, une visite sous le vivant qui ferait un parallèle avec ses coupes anatomiques, « un rapport d'ambivalence et d'opposition », selon ses termes.
Pour l'artiste, ce qui est sous la surface est à mettre sur le devant. Quand les corps qu'elle dessine sont bien en chair, ils expriment des voluptés. Marion ne se cache pas de préférer les courbes féminines dans ses compositions, le masculin et son côté abrupte elle le garde pour ses sculptures.

Une exposition sans tartufferies, où
les rondeurs et ravissements habillent les corps, la mort sort du
tabou, et le détail sublime le morbide. « A Corps Ouverts »
est à voir jusqu'au 9 février au Musée Vivant des Enfants de
Fresnes sur Escaut.
X.V.
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