Les amateurs de cultures populaires
savent apprécier les détails de ses toiles, comics et séries télés
sont de cet imaginaire collectif. Comme sur cette composition qu'il
nous montre où un vieil hôtel du Nouveau-Mexique est identifié par
son panneau fatigué, dites son nom : Heisenberg. Dans une autre
nous sommes à Detroit, la « Motor City », les belles
américaines ne roulent plus, quant aux maisons elles servent malgré
elles de support à des tags et graffs.
Lorsque son imaginaire n'est
pas aux USA, Bertrand le laisse voguer un peu plus de l'autre côté
du pacifique, où même au pays du soleil levant la rouille a cette
même couleur chaude. « J'aime ces ambiances à la Blade
Runner, des bâtiments aux fils qui pendouillent, à la fois
futuristes et dégueulasses ».
Outre la peinture, Bertrand Lefebvre pratique aussi la sculpture, son « deuxième souffle », selon lui. L'artiste récupère du vieux qu'il trouve beau, comme ces pièces de bois d'un drakkar abandonnés après le tournage d'un film, pour les transformer en socle. Il y érige une fois de plus des constructions qui pourraient être des maquettes d'habitations, et nous montre en détail les toits de tôles ondulées : « encore de la rouille », dit-il en assumant son inspiration.
Quand il n'atteint pas l'effet voulu il garde ses productions pour lui, ou repeint même au dessus. Il n'y a pas qu'un effet temps qui passe dans ses œuvres, la maturation est bien réelle. Enfin Bertrand pratique la sérigraphie, où certains travaux résultent d'un mélange de pratiques, à l'image de ce crane recouvert de billets de dollars, pris en photos, et ensuite reproduit avec une touche de peinture unique à chaque exemplaire