« Peindre le corps tel que nous
le vivons plutôt que tel que l'époque aime à se le représenter »,
c'est par ces termes que Johan Grzelczyk décrivait la démarche de
Mila Paolucci à l'occasion d'une exposition qui lui était consacrée
en 2015 à Trith Saint Léger. Comme tous les étudiants des
Beaux-Arts, Mila a été formée au dessin de nu, et alors que pour
certains ce passage relevait de l'exercice forcé, ce fut pour elle
une révélation. C'est qu'elle aime ce corps et ses imperfections,
surtout celui de la femme, mainte fois idéalisé en s'éloignant de
la richesse de celles qui les habitent.
« La perfection
n'existe pas », une affirmation de l'artiste qui la réjouit.
Car depuis que l'Homme s'est découvert artiste, ce sujet est devenu
intarissable, tel un puits sans fond d'inspiration. « Les
modèles se renouvellent, c'est ce que m'apporte la nature »
s'en félicite-t-elle. Pas de panne d'inspiration pour elle, « c'est
en moi » dit-elle pour parler de sa motivation. La collection
présentée au Camel est une preuve de cette richesse, des formes et
des formats, qui tendent à trouver parfait l'imperfection.