On a été prévenu, pas possible de dire le contraire. Quand au Boulon on présentait People avec l'accroche « quelle que soit la forme que vous pourriez attendre. Oubliez la », on ne pouvait pas toucher la vérité au plus près. Et pourtant, au micro de Romain Carlier pour le podcast du CNAREP, Claudio Stellato avait donné quelques pistes...
Turbulentes : ces People sont « born to be alive » au festival des arts de la rue
On a été prévenu, pas possible de dire le contraire. Quand au Boulon on présentait People avec l'accroche « quelle que soit la forme que vous pourriez attendre. Oubliez la », on ne pouvait pas toucher la vérité au plus près. Et pourtant, au micro de Romain Carlier pour le podcast du CNAREP, Claudio Stellato avait donné quelques pistes de compréhension, « rendre spectaculaire l'art plastique ». Tout cela donne des éclairages, mais comme souvent dans l'art vivant de la scène, c'est le vécu qui prime. Ainsi, pour avoir assisté à la sortie de fabrique de People le 23 avril avant ses représentations dans le cadre des Turbulente les 2 et 3 mai, c'est à notre tour de tenter l'exercice périlleux du compte-rendu.

« People are strange, when you're a stranger », un air des Doors en introduction pour que vous ne soyez pas étrangers à People. La création de 35 minutes dans sa forme de sortie de fabrique été présentée le 23 avril aux bénévoles qui s'engagent sur les Turbulentes, « comme un petit cadeau pour vous, qui ne pourrez pas voir tous les spectacles que vous voudrez », dit en introduction la directrice du Boulon Virginie Foucault.
C'est une scène carrée et blanche que découvrent les spectateurs, un endroit calme et vierge, si on prend la peine de détourner le regard de cet amoncellement d'objets qui trône dans un coin. Cette sérénité et cette blancheur immaculée viendront être chamboulées dès l'arrivée des premiers protagonistes. Ces derniers sont des hommes-objets, et si l'accord au pluriel se fait aussi sur le deuxième terme, c'est qu'on devine un corps sous cet accumulation d'ustensiles et bagages comme une seconde peau.

De là plus aucun temps mort, on rentre dans une succession de tableaux où l'art du comique et de l'absurde est maîtrisé et même réinventé. De la chute à la tarte à la crème, les classiques de l'humour de situation sont revus et corrigés. On comprend mieux la comparaison faite par Claudio Stellato sur les plasticiens, c'est en connaissant son art qu'on peut le déconstruire pour le reconstruire.
Ici l'humour est noir, et s'incarne même par des fluides qui viennent assombrir le tableau et les acteurs, ou alors serait-ce là la véritable couleur des gens de People ? Ces chiffonniers chiffonnés avec qui rien ne se perd pour créer. Les accidents n'en sont pas vraiment, la scène et son carré devient un espace circulaire de poursuite du non-sens, et les personnages sont absorbés par leur environnement, de façon littérale.

« Une expérience », selon les termes de Claudio Stellato, « un trouc » dit-il avec son accent venu de l'autre côté des Alpes. On retiendra un moment qui se fait écho à travers les rires, ceux venus de la scène comme des ponctuations d'un dialogue universel, et les autres exclamations spontanées du public comme une réaction naturelle au comique. « People ask me why I never find a place to stop and settle down, down, down », les paroles de la chanson de Patrick Hernandez viennent nous rappeler que ces artistes sont « nés pour être vivant ». People nous invite dans un chaos ordonné, où chaque accident est millimétré, et de la noirceur sortira l'éclat du jouissif.
People est à voir dans le cadre du festival les Turbulentes les samedi 2 et dimanche 3 mai sur la pelouse Caby.
X.V.
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