C'est jusqu'au 28 avril que vous
pourrez voir « l'été sera chaud ». Une date butoir
comme un ultimatum contre lequel on ne peut lutter. Les travaux de
Sarah Feuillas sonnent comme un avertissement, la cire exposée à la
lumière ne saurait rester éternellement, il y a là comme un
constat sur notre époque et ses enjeux climatiques.
On évoquait
plus haut les escargots, l'ensemble présenté à Mortagne comprend
également un tournesol capté lui aussi dans de la cire. De l'animal
au végétal le mouvement est lent, presque imperceptible, mais
pourtant il existe. Le matériau qui les entoure nous alerte sur
cette vitesse qui ne prend plus, et qu'un autre rythme est enclenché.
Son intérêt pour la cire comme précédemment pour le verre exprime une volonté de chercher un savoir ancestral, « je fouille et sonde le passé » selon ses termes. Un héritage qu'elle exploite pour nous parler de notre époque, et d'un futur qui serait incertain, fragile et forcément inscrit dans une temporalité. L'horloge tourne, alors n'attendez pas que les saisons passent et dès aujourd'hui allez constater que « l'été sera brûlant » à l'école d'arts de Mortagne du Nord.
X.V.