Après « Les mânes de man » fin 2025, la série qui nous mettait face aux dos, c'est une nouvelle collaboration entre Tous Azimuts et le photographe Philip Camil qui débute le 13 mars dans les murs de la microbrasserie LafrAnne de Lecelles. Cette exposition présente une sélection de portraits, la spécialité de l'artiste, et son intitulé nous...
Pause longue sur notre portrait consacré au photographe Philip Camil
Après « Les mânes de man » fin 2025, la série qui nous mettait face aux dos, c'est une nouvelle collaboration entre Tous Azimuts et le photographe Philip Camil qui débute le 13 mars dans les murs de la microbrasserie LafrAnne de Lecelles. Cette exposition présente une sélection de portraits, la spécialité de l'artiste, et son intitulé nous dit qu'ils sont « étranges ». Étranges mais pas si étrangers, il y a un peu de nous tous dans ces visages et leur gamme d'émotion, on y retrouve aussi en filigrane démarches et techniques qui explorent l'histoire de l'art, comme si Narcisse s'était noyé dans un bain révélateur. Entretien avec le photographe, en sa qualité de créatif, fondateur de l'association Confluence photo Scarpe Escaut, habitant de Mortagne du Nord, et membre actif du réseau de Tous Azimuts.

A la question, « pourquoi je me suis lancé dans la photo, et particulièrement, la photographie avec modèle ? », Philip Camil donne un début de réponse sur son site officiel : « un peu par hasard, et beaucoup par passion ». Pour creuser le sujet, nous nous sommes entretenus avec lui à l'heure où l'accrochage de l'exposition « étranges portraits » fini de poser visages et leur lot d'expressions sur les murs de la microbrasserie LafrAnne de Lecelles.
Le rapport de Philip avec la photographie va de paire avec l'évolution de la technique, tels que les changements se sont opérés ces quarante dernières années. Il évoque une initiation autodidacte dès l'adolescence dans le fond du garage familial, « de façon hasardeuse et empirique, avec du matériel approximatif ». Une expérience qui selon l'intéressé sera déterminante, car elle l'a « contrainte à une rigueur technique, où je n'avais pas le droit à l'erreur ».

Dès le milieu des années 1970, Philip dit avoir vécu une époque où il travaillait « dans la science-fiction ». En effet, avec le métier en essor de photograveur, il a vu arriver les évolutions avant le grand public, « j'ai débuté le numérique avant que ça ne soit reconnu », se souvient-il. De cette période « glorieuse où on pouvait tout se permettre », Philip a gardé le cap, un esprit touche à tout et en constante recherche de possibilités. En résulte aujourd'hui une production essentiellement axée sur le portrait, « un peu décalé, qui peut surprendre », une part d'étrangeté selon lui qui a inspiré le nom de l'exposition visible à Lecelles.
« quand on me dit à propos de certaines photos que ça ressemble à un tableau, ce n'est pas du tout insultant, bien au contraire »

Dans son studio, Philip Cavil compose avec ses modèles, la lumière, et garde en tête une nécessité de s'inscrire dans une démarche établie. En d'autres termes, quand on parle de l'arrivée de la photographie en tant que suppléant de la peinture figurative, l'artiste ne voit pas une rupture mais une continuité. « Dans la tradition », selon ses mots, pour évoquer les besoins de la composition. Ainsi de la peinture à l'argentique jusqu'au numérique, il s'amuse de certaines remarques, « quand on me dit à propos de certaines photos que ça ressemble à un tableau, ce n'est pas du tout insultant, bien au contraire ».
Les jeux de lumière en figuratif renvoient aux peintres de l'école flamande, un héritage que ne renie pas Philip. Il force même le trait avec des comparaisons aux natures mortes en prenant comme exemple les travaux du maître Jean-Baptiste Siméon Chardin : « il se mettait à une distance suffisamment éloignée pour distinguer volume et lumière ».
Enfin quand il ne prend pas de photographies, Philip tient des ateliers, « et j'y dit : quand vous concevez, ne penser pas sujet mais lumière ». Un autre aspect de sa démarche se situe dans l'utilisation de la pause longue, qui selon lui s'inscrirait dans un héritage d'un impressionnisme à la Monet. Un procédé qui fige dans des nuances le mouvement d'une balançoire ou qui rendrait un côté mystérieux à la plastique d'un nu.
Exposer dans la microbrasserie de LafrAnne, Philip s'en revendique, lui qui dit s'éloigner volontairement des galeries, « un marché du bankable, un circuit élitiste et pas si intéressé ». C'est pourquoi dès son arrivée à Mortagne du Nord en venant de la métropole lilloise, il se félicite de sa rencontre avec Tous Azimuts qui lui a ouvert un réseau allant de La Barjo à Onnaing jusque l'association amandinoise Parole d'Hucbald. En parlant de la commune au confluant de la Scarpe et de l'Escaut, le photographe dit y avoir trouvé « une activité sociale et culturelle active », pour son plus grand plaisir.
C'est sur ce terreau qu'il a participé à la fondation de l'association Confluence photo Scarpe Escaut. Cette dernière expose dans les locaux de l'école d'arts de Mortagne, et s'inscrit dans le projet de tiers-lieu en deux endroits aux côtés de Tous Azimuts et des Carnettistes des Hauts de France. Une dynamique qui laisse selon Philip la porte ouverte à diverses ambitions, « des portraits de famille chez les habitants, ou créer un laboratoire », tout un ensemble d'idées qu'il résumerait par « sortir des carcans du club photo traditionnel ».
L'exposition « étranges portraits » est visible à la microbrasserie LafrAnne de Lecelles à partir du vendredi 13 mars.
X.V.
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