Dans son studio, Philip Cavil compose
avec ses modèles, la lumière, et garde en tête une nécessité de
s'inscrire dans une démarche établie. En d'autres termes, quand on
parle de l'arrivée de la photographie en tant que suppléant de la
peinture figurative, l'artiste ne voit pas une rupture mais une
continuité. « Dans la tradition », selon ses mots, pour
évoquer les besoins de la composition. Ainsi de la peinture à
l'argentique jusqu'au numérique, il s'amuse de certaines remarques,
« quand on me dit à propos de certaines photos que ça
ressemble à un tableau, ce n'est pas du tout insultant, bien au
contraire ».
Les jeux de lumière en figuratif renvoient aux
peintres de l'école flamande, un héritage que ne renie pas Philip.
Il force même le trait avec des comparaisons aux natures mortes en
prenant comme exemple les travaux du maître Jean-Baptiste Siméon
Chardin : « il se mettait à une distance suffisamment
éloignée pour distinguer volume et lumière ».
Enfin quand il
ne prend pas de photographies, Philip tient des ateliers, « et
j'y dit : quand vous concevez, ne penser pas sujet mais
lumière ». Un autre aspect de sa démarche se situe dans
l'utilisation de la pause longue, qui selon lui s'inscrirait dans
un héritage d'un impressionnisme à la Monet. Un procédé qui fige
dans des nuances le mouvement d'une balançoire ou qui rendrait un
côté mystérieux à la plastique d'un nu.