Pauline M. Berthélémy écrit comme une revanche sur la vie.

03/03/2026

Du tatami au traitement de texte, Pauline M. Berthélémy vit ses passions, sans devoir en privilégier une à l'autre. Elle qui considère l'écriture de ses romans comme une course de fond, partage son temps entre coucher ses idées sur papier et philosophie des arts martiaux. Une somme qu'elle a mise à profit pour Le Secret du Senseï ou encore Dilemme (Pardonnez mes faiblesses), ses derniers ouvrages. Rencontre avec cette femme de lettres entre deux entraînements en kimono.

C'est amusée que Pauline M. Berthélémy nous consacre une entrevue, « pour une fois c'est à moi d'être interviewée », dit notre consœur correspondante à la Voix du Nord. Avant d'accepter de parler d'elle et de ses écrits, l'autrice a dû s'accepter en tant que telle, un long cheminement pendant lequel les premières lectures par d'autres de sa production on su balayer un sentiment d'imposture. Tout comme Simone de Beauvoir disait qu'on « ne naît pas femme, on le devient », il en va de même pour les femmes de lettres. 

Des premières envies de mettre des mots sur des idées et ses sentiments, de l'adolescence à sa rencontre avec l'auteur africain Nocky Djedanoum, jusqu'au début des années 2000 avec la perte de son arrière grand-mère ou la violence des attentats du World Trade Center, tout cela motivait déjà la nécessité de s'exprimer. « Mais ça restait mon jardin secret » dit-elle presque gênée de cette retenue.

La vie et ses soubresauts décideront enfin Pauline il y a pile dix ans. Un bonheur avec la naissance de son deuxième enfant, et un coup du destin qui l'a amenée à être alitée suite à une opération à la cheville, Pauline a su exploiter ce yo-yo émotionnel. « Ma meilleure amie m'a demandé un conte pour son fils », se souvient-elle. A l'instar de Tolkien qui a créé les Hobbits pour divertir ses jeunes enfants, l'écrivaine s'est attelé à la tâche confiée par son amie. En a résulté Funeste Comptine, et très vite l'ouvrage est sorti du cadre privé pour devenir son premier livre qui ira à la rencontre du public. 

Une expérience qui lui a permis de découvrir le monde de l'édition, pour lequel elle gardera plusieurs leçons, dont celle qu'elle n'est jamais aussi bien servie que par soi-même pour publier ses ouvrages. C'est à la même période que Pauline a pris « une revanche avec le sport », un esprit sain dans un corps sain ne dit-on pas ? C'est surtout la nécessité d'un cadre et d'une rigueur qu'elle a développée à ce moment.



Pauline s'essaiera ensuite au roman historique avec Dilemme. Un format qui est né de la découverte de carnets, des fameux « secrets de famille », dont l'action se situe dans le Bruay sur l'Escaut de l'après guerre. Une histoire d'amour inaccessible avec ses parts de vérités et de non-dits, pour Pauline l'écriture de ce roman a été décisif, « c'est là que j'ai reçu de véritables encouragements de mes proches ». 

Dorénavant plus à l'aise avec sa plume et son inspiration, l'auteure a consacré une suite à Dilemme qui sortira binetôt. Sous titré « Pardonnez mes faiblesses », cette fois-ci tout est sorti de son imagination, il est loin ce syndrome de l'imposteur.  

On vous parlait plus haut d'une rigueur que s'impose l'auteure. Sa morning routine inclut son rôle de maman dès le levé, s'en suit l'écriture, et vient après le sport. Des activités qui trouvent des correspondances, ainsi l'univers du Judo se devait de rencontrer celui des livres, une nécessité qui a trouvé son expression avec « Le secret du senseï ». 

Pour cet ouvrage, Pauline n'a pas cherché loin l'inspiration, elle lui est venue directement de son club de Bruay sur l'Escaut. « Le personnage de Nicolas vient de là, ainsi que celui de son père inspiré par Alain Goffo ». Pour ce dernier, l'auteure en parle à la fois avec tendresse et respect, « mon binôme » selon ses termes. C'est avec lui qu'elle a couru ses premiers marathons, c'est également lui lorsqu'elle était à des milliers de kilomètres en vacances au Canada et lui en Australie qui a eu la primeur des premiers jets du roman.  

Écrire serait sortir de son carcan, et ce fait Pauline s'en félicite. Car ça lui permet d'aller à la rencontre de ses lecteurs lors de salons, « avec des retours jamais négatifs, on me parle encore beaucoup de Funeste comptine avec des critiques bienveillantes ». Ainsi pour découvrir ses ouvrages et son univers, ne manquez pas de suivre Pauline M. Berthélémy sur ses réseaux sociaux officiels au lien ci-dessous.

X.V.


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