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Pascal-J Dubois ou la géométrie du cadre
Lorsqu'on est myope et photographe, mieux vaut avoir un solide sens de l'humour, et surtout une bonne dose de talent. Ça tombe bien, Pascal-J Dubois a ces qualités, et même certains traits de caractère comme la rigueur qui donnent le ton de ses travaux. Entre lignes géométriques, couleurs vives et un soin du grain, découvrez son parcours à travers ce portrait et les nombreuses expositions où il apparaît en ce moment.

Même si la photographie n'est pas son métier, Pascal-J Dubois vit et pense clichés. Tout cela de façon très ordonnée, ou même très cadrée osons le dire. Son premier appareil, il le doit à son parrain à l'occasion de sa communion, « il m'a mis le pied à l'étrier avec un instamatic », se souvient Pascal avec tendresse. Depuis, d'argentique en numérique il a su faire évoluer sa passion et sa technique pour arriver à la maîtrise qu'on lui connaît. Ce n'est pas tant le matériel qui fait le photographe selon lui, ou comme il le dit : « le meilleur appareil photo est celui qu'on a sur soi au bon moment, car l'important c'est la spontanéité ». D'une crème glacée écrasée sur le sol, à un ponton de mer qui poursuit sa route, l'univers de Pascal est fait d'instants figés, comme une envie de capturer un contexte pour le révéler.

Chez Pascal, l'oeil qui se pose sur ses photos est celui du spectateur d'après ses termes. Spectateur car on assiste à des mises en scène, un « visoyage » dit-il en amoureux des mots. D'ailleurs ses compositions sont toujours accompagnées d'un titre où il laisse aller son verbe. La pointe de la place d'armes devient « pic à place », ou le « Rome arrangée » présente le parc valenciennois dédié aux lauréats du prix artistique au nom de la capitale italienne. « La photo c'est une chose, avec le titre se pose un deuxième regard ». Le monde de Pascal est ainsi, un peu décalé, c'est la réalité mais sans sa rigueur, et si un passant vient s'incruster dans son plan il n'en garde que la silhouette, comme pour peindre des décors anonymes, où même le ciel de Sète aurait le gris des plages du Nord.
D'ailleurs, en parlant de peinture c'est un art vers lequel tend l'artiste. « J'ai de très bons rapports avec les peintres, d'ailleurs ma marraine d'exposition est Anita Lotterie de l'atelier du Neuf Bourg ». C'est elle qui lui a proposé d'exposer pour la première fois en 2014, elle est également une des artistes qui reprend les clichés de Pascal pour en faire une version sur toile. Le photographe évolue donc dans un univers où les pratiques se croisent et se respectent, rien d'étonnant de l'entendre citer Gilles Compernolle comme un des créateurs qu'il affectionne. On comprend ainsi mieux son travail, car comme le peintre il va chercher dans ses compositions un équilibre, un respect des couleurs et surtout des formes. Ou comme on peut le lire sur sa page Facebook ses mots d'ordre seraient « abstractions, géométrie, couleurs, textures, et architecture ».

Grâce à ses clichés, on voit à travers l'œil de Pascal. Lui qui est atteint de myopie, il fait une comparaison entre son trouble et le diaphragme d'un objectif. « Donc j'adore les flous », se justifie-t-il. On saisit son mantra qui est « la photographie c'est apprendre à dompter la lumière ». Il partage depuis 2014 ses productions sur des expositions, il en a compté trente en sept ans, soit 450 photos présentées. Pour le reste de sa production, il a ses galeries en ligne sur Instagram et FlickR (liens ci-dessous), et il a même été invité d'honneur en 2019 à Valenciennes. D'ailleurs c'est dans le cadre d'une invitation par l'association un Petit brun de terre que vous pouvez retrouver ses travaux dans le hall de l'hôtel de ville jusqu'au 30 novembre. Il expose également à la salle des fêtes d'Estreux les 27 et 28, enfin le restaurant valenciennois la Côte rôtie met à l'honneur ses travaux jusque la fin de l'année.
X.V.
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