Quand on regarde l'offre de plusieurs institutions culturelles valenciennoises, une constante apparaît. Que ça soit à l'espace Pasolini, Art Zoyd Studios ou pour ce qui nous intéresse dans ce sujet à L'H du Siège, on ne transige pas avec l'offre artistique contemporaine, mais ça ne veut pas dire qu'on se coupe du grand public, bien au...
« On est dans le ressenti, on parle d'expression », défend la médiatrice de l'H du Siège
Quand on regarde l'offre de plusieurs institutions culturelles valenciennoises, une constante apparaît. Que ça soit à l'espace Pasolini, Art Zoyd Studios ou pour ce qui nous intéresse dans ce sujet à L'H du Siège, on ne transige pas avec l'offre artistique contemporaine, mais ça ne veut pas dire qu'on se coupe du grand public, bien au contraire. L'enjeu serait de garder une forme d'exigence, de ne rien sacrifier pour continuer à explorer les tendances, tout en gardant le dialogue avec spectateurs et visiteurs. C'est à l'endroit de cette nécessité d'échange et de parole que l'on trouve la profession de médiateur culturel, ou même au féminin médiatrice culturelle car c'est par le biais de Adeline Delobel de l'H du Siège que nous allons traiter ce sujet de l'ouverture, de la pédagogie, et de l'échange.

« Centre d'art contemporain d'intérêt national », un label dont bénéficie l'H du Siège depuis 2024, à la fois une reconnaissance du ministère de la culture et une feuille de route certifiée dans la continuité des actions menées depuis maintenant plus de trente ans. Ce label rappelle les missions et objectifs que sont le soutien à la création, l'ancrage dans un réseau territorial et enfin la médiation culturelle.
C'est sur les deux derniers axes que l'on retrouve Adeline Delobel, médiatrice et intervenante de l'H du Siège dans et hors les murs, dont la mission est résumée par ses propres termes : « on n'est pas un musée, on est là pour vivre l'art ». Et cette capacité à vivre passe selon Adeline par la verbalisation de ce que l'on ressent, « on est dans le ressenti, on parle d'expression ». En somme, vous connaissez cette fausse idée de « l'art c'est pas pour moi », Adeline est rompue à l'exercice de briser ce cliché.

La médiation culturelle ça s'apprend au niveau universitaire, avant sa licence et son master, c'est par un DEUG dédié à cette spécialisation que Adeline a débuté ses études post-bac à Dunkerque et Lille. Une théorie et ensuite la pratique à travers divers stages pour valider ses cinq années d'études l'ont amené vers l'H du Siège, elle en garde un souvenir d'apprentissage : « c'est là que j'ai appris le contact avec l'artiste ». Les besoins du public pouvaient alors rencontrer les envies des plasticiens, et même l'inverse, Adeline appelle ça « travailler l'humain », et explique bien que ça n'a rien de facile, et c'est peut-être là sa motivation première.
A l'H du Siège on a conscience que les démarches des artistes demandent ouverture et dialogue, « une variété et une richesse pas négligeable » selon Adeline, et surtout non négociable. En accueillant divers visiteurs ou des scolaires, la pédagogie débute avec l'ouverture d'un dialogue, « car le but est de montrer l'expo, ça n'aurait pas de sens d'avoir une galerie vide ». Rentrer, observer, et s'interroger, tout cela demande une démarche, c'est en ça que la médiation est essentielle, « des fois des professeurs ont un avis sur certains élèves, je préfère avoir mon ressenti. Un regard et je vois l'envie de commenter, j'encourage cela et tout le monde est surpris du résultat ».

Adeline va dans des écoles, des établissements pénitentiaires, elle fait de l'éducation pour ceux qui ne sauraient se déplacer. Quand elle reçoit dans les murs du centre d'arts, la démarche est tout autre car souvent un mot d'ordre anime la création : in situ. En effet, des résidences d'artistes à la nécessité de composer avec les surfaces allouées, ce qui est présenté à l'H du Siège ne sera pas agencé de la même façon ailleurs. « Un terrain de jeu assez grand », avec ses spécificités et ses contraintes, un cahier des charges qui pose l'espace comme l'ultime matériau plastique.

Ainsi la médiation c'est des liens, entre personnes et artistes, langage artistique et parole à saisir, lieu et environnement. Tout un ensemble qui constituent les missions de Adeline Delobel à l'H du Siège. Pour vivre de l'intérieur cette dynamique, divers rendez-vous sont proposés tout du long de l'année hors les vernissages. Ainsi pour novembre, notez la date du 21 à 17h pour assister à une rencontre entre l'artiste Götz Arndt et le critique d'art Jean-Yves Jouannai, autour de l'exposition "fil et faille, meute".
X.V.
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