C'est avec un regard décalé et bienveillant que
Madame Bou observe notre monde, elle estime que pour l'accepter il
faut le prendre avec humour. « Je travaillais à l'aéroport de
Lille, c'est un contexte assez difficile, assez tendu même, mais je
savais raconter mon vécu en y mettant ma touche. C'est là que mes
anciens collègues m'ont dit que j'avais un talent », se
souvient-elle. Pour s'en convaincre, Bouchra s'est inscrite à une
scène ouverte sur Roubaix, et elle y est venue avec ses premiers
écrits et surtout la peur au ventre : « il y avait des
amateurs comme moi, mais aussi des pros. Le public a été indulgent
avec moi, mais déjà on me disait que je marquais les esprits ».
En dépit d'un élan coupé par les confinements, une période
qu'elle a vécu difficilement comme beaucoup, l'humoriste est restée fidèle à ses convictions et a persévéré à juste titre,
« surtout que j'étais sur une belle dynamique, en me
produisant jusque Marseille ». Animée par une soif de travail,
Madame Bou a insisté, en allant entre autres s'essayer à
l'improvisation auprès des Zinc de Condé sur l'Escaut.