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L'esprit Barjo prend corps avec l'exposition de Pierre Dupret
Pour l'exposition intitulée « Le mâle heureux », allons à la Barjo rencontrer Pierre Dupret. Ce n'est pas le fondateur du tiers-lieu de Onnaing qui nous reçoit, ou le pédagogue qui est aussi passionné d'arts et ses différentes expressions comme la musique, c'est le peintre qui fait la somme de toutes ces facettes qui se présentent. Dans un univers charnel où cohabitent des références à Bruegel ou Clara Luciani jusque la culture hip-hop, les corps s'expriment, s'embrassent, se mélangent et rentrent en mouvement pour se figer sous son pinceau. Visite d'une exposition qui sera ouverte au public dès son vernissage le samedi 11 avril.

Pierre Dupret nous accueille dans le hall de la Barjo qui fait office de sas d'entrée de l'exposition, « je raccroche ma série inspirée des sept péchés capitaux de Bruegel, je ne pouvais pas les montrer aux jeunes scolaires qui sont venus visiter ». Son sujet de prédilection pour les corps et sa maîtrise des nus doivent rencontrer un public averti, Pierre n'est pas là pour choquer, c'est la plastique qui rencontre ceux qui peuvent l'apprécier qui importe.
En sept tableaux, un personnage androgyne illustre tour à tour la colère, l'envie, l'avarice, la gourmandise, la paresse, la luxure et l'orgueil, des vignettes rondes peintes sur des planches de bois, où la volupté des courbes du corps et des draps cohabitent dans un décor à peine esquissé. Cette série inspirée du peintre flamand donne le ton, Pierre maîtrise son histoire de l'art et compose avec son tempérament d'artiste du XXIème siècle.
Arrivé dans la salle principale d'autres corps, bustes et visages. Après avoir fait face à un Narcisse dont le reflet sombre se noie dans son regard, vous trouverez sur votre gauche une scénographie faite de feuilles de papiers qui s'envolent. Un air de Jeanne Moreau résonne dans vos têtes ? C'est le tourbillon de la vie qui sort de la toile où des corps volent plus qu'ils ne tombent, une volupté qui s'accompagne d'un saut d'une jeune fille entourée de couleurs vives, « un esprit graff » nous assure Pierre.
La salle d'exposition se révèle comme une balade, « comme lors de l'expo manga avec des allées », et c'est ainsi qu'après des corps qui s'extirpent de leurs vêtements, « une série que j'ai faite lors du confinement pour parler de l'enfermement », on arrive sur des modèles inspirés de statues d'un parc parisien. « Le reste je te le laisse, selon les paroles de la chanson de Clara Luciani », Pierre explique son inspiration de modèles qui ont perdu leur teinte blanchâtre pour révéler des volumes grâce aux couleurs.
Des photos vues sur Instagram célèbrent l'embrassade, qui au besoin sera douce ou passionnée, des instants captés et figés ou même animés dans un triptyque et son effet cinématographique. Pour les besoins d'une photo illustrant l'article, Pierre Dupret pose à côté d'une composition présentée pour la première fois lors de « Mâle heureux », un ensemble de corps qu'il a fini pour l'occasion et sur lequel il a travaillé dix ans. Car le peintre l'admet la dernière touche est difficile à mettre, quand le fond du tableau révèle un instinct abstrait, le corps qui s'ajoute amène la touche figurative et n'attend plus que votre regard.
Pierre Dupret qui expose à la Barjo, l'occasion était trop belle pour qu'on passe à côté. « C'était pour montrer à mes élèves que je peins aussi », dit-il avec malice. Quand il a pensé le lieu avec les membres de l'association, l'envie était de rendre l'art accessible mais sans oublier la nécessité de transmettre, « on a créé le lieu à notre image », dit le pédagogue animé de passion.
Cette « bulle d'oxygène » selon lui trouve son expression dans les multiples facettes de La Barjo, des ateliers aux vernissages accompagnés de concerts et de spectacles, c'est avant tout un lieu de vie. Ainsi en mettant l'humain au centre des pratiques, les corps et leurs études de « mâle heureux » sont plus que jamais légitimes dans l'exposition qui leur est dédiée.
X.V.
Samedi 11 avril
Vernissage "le mâle heureux" + concert Solo Songs Trio + spectacle Les Mythes et légendes de la silicose vallée
- Onnaing - La Barjo (263 rue Jean Jaurès)
- A partir de 18h
- Le site officiel de La Barjo
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