Notre rencontre avec Henri Tournier
n'avait pas pour but de retracer sa carrière de façon strictement
biographique, nos confrères de la presse nationale écrite et radio
ont déjà répondu à leur manière à cette exercice, et les
ressources en ligne comme Wikipédia répondent également à cet
usage. Cependant l'échange a démontré que son parcours et sa
pratique étaient une illustration très à propos du Carrefour
International.
En effet, de ses études académiques à sa rencontre
avec la flûte bansuri, jusque ses nombreuses collaborations, Henri
Tournier dégage un sentiment, « j'ai cette chance depuis que je
suis enfant de m'amuser, et de là je me suis construit un bagage ».
Du jazz à la tradition orale indienne, le musicien a exploré
l'improvisation, ou plutôt les improvisations au pluriel, à chaque
culture sa manière d'aborder les sentiments, « le free jazz
c'est le rapport au mouvement, tandis que la tradition indienne est
très cadrée ». C'est en mettant en opposition la polyphonie
du premier genre aux mélodies du deuxième, qu'une métaphore
plastique apparaît : « comme un peintre qui travaille sur
trois couleurs, la mélodie, le rythme et le bourdon qui fait
enveloppe, c'est cela l'approche indienne ».