Le concept album de La Rupture arrive à terme après quatre ans de travail

29/09/2022

La Rupture s'annonce comme l'un des projets qui va faire le plus parler de lui à sa sortie. En effet, le concept album porté par le combo Laurent Bultot / Camille Fillioux / Fabien Ménart se présente comme une pépite musicale rarement entendue. Ce qui n'était qu'un ensemble de chansons traitant de la fin d'une relation de couple est devenu au fil du temps une aventure musicale et humaine. Une collaboration qui a condensé le meilleur des réseaux du chanteur de Revoc Asylum et des amis de l'Irresponsable Studio. A ce jour, les pistes de La Rupture sont bouclées dans leur phase de mixage, par la suite tout un plan est prévu pour sa sortie en 2023, avant cela ses auteurs-interprètes en parlent en exclusivité pour Valexplorer.

Camille Fillioux, Laurent Bultot, et Fabien Ménart au centre
Camille Fillioux, Laurent Bultot, et Fabien Ménart au centre

La première fois que nous avons entendu parler du projet de La Rupture c'était en février 2018. Nous étions au Bar à Lire à Valenciennes, Camille Fillioux et Laurent Bultot avaient convié le public à assister à une répétition publique. A ce moment le projet n'était qu'au stade d'un duo de voix accompagnés de guitare, c'était il y a quatre ans, une autre époque et même quasiment un autre monde. La base de ces compositions c'est Laurent qu'il l'a amené, son intitulé disait « une confidence musicale. Deux voix en miroir - femme, homme- se renvoient les échos de passés amoureux ». L'effet recherché de cette répétition avec public était de tester les compositions et le concept, « on était très content de pouvoir sortir les chansons une première fois », dit Laurent. Avec Camille ils exprimaient à cette occasion le besoin de faire exister la Rupture au delà du duo, ils plantaient ici les premières graines de ce qui allait devenir un album enrichi de ses intervenants.



« La Rupture, ce n'est pas un groupe », insiste l'ingénieur son Fabien Ménart. Laurent Bultot poursuit cette pensée : « c'est une œuvre, et tu as trois concepteurs ». Le trio parle d'une seule voix, ainsi c'est Camille Fillioux qui complète les déclarations de ses compères : « au bout du compte, on ne sait plus vraiment de qui sont les idées ». Une homogénéité qui a comme base ces compositions qui parlent d'une séparation, « cela se passe pendant une nuit, entre le moment où tu le dis et celui où tu le fais. Mais sans jamais tomber dans le mélo ». De ce socle, une voix-miroir à Laurent apportée par Camille engage un échange des fois nécessaire, ou même futile, un dialogue de sourd de personnes qui n'ont plus rien à se dire. 

Fabien de son côté a repensé toutes ses habitudes de travail en studio, car en l'occurrence ici la majorité des enregistrements se sont faits dans sa cuisine. Il rappelle les étapes : « il n'y avait pas vraiment de première maquette comme on fait d'ordinaire. On a chamboulé l'ordre convenu, en captant tout d'abord les voix, et en ajoutant ensuite les instruments ». De son fond jusque sa forme, La Rupture méritera amplement son appellation de Concept Album.

On vous parlait des deux voix qui communiquent, en réalité une troisième s'est imposée sous la forme d'un violoncelle. Un instrument qui est apparu comme une évidence nous dit le duo au chant. Une premier ajout qui en a amené d'autres, car une fois de plus ce n'est pas un groupe qui a enregistré les pistes, le travail fut collégial. « Je me suis remis à écrire mes partitions, ça m'a ramené à mes années de conservatoire », confie Laurent. La composition est devenue à ce stade de l'orchestration. Pour chaque ligne de chaque instrument, de nombreux amis musiciens ont été sollicités, et tous ont répondu par l'affirmative. Sur les morceaux vous trouverez entre autres certains anciens compères de Laurent des Lézard Martien, le regretté Jean-Michel Monchecourt à la basse dont ce fut le dernier enregistrement, Esteban Ferndandez et son inséparable clavier MOOG, le piano de Matthieu Harlaut, et évidemment Clément Vandamme et son violoncelle, pour ne citer qu'eux sur la longue liste de talents. Ajoutez à cela des samples et autres loops décalés, des touches subtiles de thérémine et de cloche tubulaire, tout une ambiance au service d'un projet pharaonique.

On a pris le temps pour aller jusqu'au bout de nos idées, on s'est fait happer par le projet 

Lorsque vous écouterez La Rupture en album, oubliez le mode aléatoire, l'ordre des pistes est pensé comme un récit. Camille insiste sur ce point : « il n'y a pas de raison à écouter les chansons dans le désordre. On passe par des phases, des renvois de l'un à l'autre. Ça serait aussi impossible que de chanter les textes tout seul ». Le défi à présent est de penser cet ordre pour la scène, pour ce faire des résidences sont déjà proposées à des structures de la région. Il y a là un véritable enjeu d'après Laurent : « comment on fait ? On s'est vraiment posé la question. On devra amener nos sons enregistrés, jouer avec les conditions du live pour les chants, la guitare, et le violoncelle. On pense à tout cela dès maintenant, ce qui est certain c'est que ça sera très théâtralisé ». Les idées fusent : du déplacement de décors, jouer avec les notions de vrai et de faux, le tout porté par une véritable mise en scène écrite.

La conception de la Rupture, les idées qui ont alimenté le projet, le COVID, et la vie personnelle de chacun, ont fait que le projet est en gestation depuis des années. « A tel point que certains amis musiciens qui y ont participé nous demandent si il existe toujours », s'en amuse Camille. « Ils sont vite rassurés quand on leur dit qu'on termine le mixage », explique Fabien. Laurent remarque que cette longévité de travail fait que « personne à part nous n'a entendu le rendu final », il poursuit en parlant de cette durée de conception : « ça n'a jamais été interrompu pour nous. On a pris le temps pour aller jusqu'au bout de nos idées, on s'est fait happer par le projet ». 

En ce début d'automne 2022, les prochaines étapes se profilent : le mastering, le financement du pressage, la sortie d'un single, et le travail à effectuer pour pouvoir transposer l'album sur scène. Si pour vous une rupture signifie la conclusion d'une histoire, pour ses concepteurs c'est surtout le symbole d'un nouveau départ. Une fin peut-être, mais ouverte...

X.V.


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