Qu'il semble déjà lointain ce jour de
2019, où trois amis, trois poètes, décident d'écrire à six mains
un travail commun autour d'une correspondance électronique et de
trois vers « quelque chose / calme / lutte ». Ni Frédéric
Dumond, Johan Grzelczyk ou Pascal Pesez, n'aurait imaginé la portée
de leurs écrits trois ans plus tard, lorsqu'ils présentaient
l'ouvrage qui reprend leur texte à l'issue de la seconde
représentation de leur performance au Phénix ce 25 février.
« Surtout que l'on connaît la difficulté de diffuser la
poésie contemporaine », souligne Johan. Les trois auteurs,
accompagnés par leur compère Esteban Fernandez pour la partie son,
soufflaient de leur marathon de deux performances quasi-successives,
pour aller à la rencontre de leur public, venu nombreux remplir les
deux représentations. Le moment était la somme d'émotions
diverses, joie et excitation, mélangé à la fébrilité des sens
ébranlés par la poésie déclamée. Un instant clef mais surtout
pas la fin de l'aventure pour le texte qui désormais sera emporté
et lu grâce à l'édition de Ni fait ni à faire, suite à une
proposition de maquettes des étudiants de l'UPHF.