In Theatrum Denonium acte X : une édition à marquer d'une croix

04/03/2026

En 10 ans, In Theatrum Denonium est devenu un des marqueurs de la culture sur le denaisis et le grand valenciennois. Pari réussi pour l'association Nord Forge qui avait comme ambition d'associer la virtuosité du métal au lieu emblématique du patrimoine de la cité de Mousseron, en l'occurrence le théâtre de Denain. A l'occasion de l'acte X de ITD le 7 mars, Frédéric Cotton s'est entretenu avec Valexplorer pour dresser un bilan de ces 10 années écoulées, faites de nombreux hauts, de quelques bas, entre anecdotes et riffs de guitares qui résonnent encore. Sans oublier l'affiche internationale qui rend l'événement unique dans la galaxie métal.  

Les membres de l'association Nord Forge
Les membres de l'association Nord Forge

Denain, ville qui a vu son essor en partie avec l'industrie métallurgique, et qui désormais est devenue un haut lieu de la musique métal. Une correspondance qui serait le fruit d'un tissu associatif et d'une volonté de soutien municipal, l'esprit de Patrick Roy flotte encore comme résonnent les solos de guitare. Ce constat, Frédéric Cotton de Nord Forge nous l'apporte : « l'idée du festival était de mettre en avant le genre métal, mais aussi de faire rayonner Denain, et en ça on se félicite du soutien apporté par la ville ». 

10 éditions pour In Theatrum Denonium, et 21 ans d'existence pour Nord Forge, tout un cheminement depuis les Metallurgicales, « il y a une pérennité, on a fait vivre l'événement jusqu'en 2014, avec une belle dernière édition, mais ensuite en discutant entre nous l'envie d'organiser notre propre événement est arrivée ».

« Dans la programmation du théâtre, au début on était le spectacle associatif, désormais on nous positionne dans la saison culturelle et notre créneau est protégé »

Pour vous situer Frédéric Cotton, il est amateur de métal c'est un fait, mais aussi historien passionné de sa ville. Ainsi, avec ses amis de Nord Forge, le lien entre le genre et le patrimoine a donné l'ambition de In Theatrum Denonium. « Dans la programmation du théâtre, au début on était le spectacle associatif, désormais on nous positionne dans la saison culturelle et notre créneau est protégé ». 

Une reconnaissance qui résulte d'un sérieux et d'une méthode : « par exemple l'accès du public aux concerts doit se faire sans boisson, on doit éviter les accidents pour préserver le cadre. En règle générale la consigne est bien comprise ». Cheveux longs, idées loin d'être courtes, l'ancien directeur du théâtre Dimitri Ber disait à propos des métalleux qu'ils étaient « parmi les meilleurs spectateurs ».



ITD s'est bâti une solide réputation, de la part des artistes tout comme du public. « Dès la deuxième édition, un festivalier était venu de Russie pour voir un groupe en particulier, je n'y croyais pas jusqu'au moment où on me l'a présenté ». Fred se rappelle de ce moment terminé de façon conviviale autour d'un verre partagé, des fameux « russes blancs » à la Big Lebowski. 

Souvenirs en pagaille depuis 10 ans dans la tête de l'organisateur, il fait le tri et nous raconte un épisode qui aurait pu mal se finir. A l'Acte VII, les norvégiens de Dødheimsgard arrivent de l'aéroport sans leur bassiste, il avait loupé son vol. C'est lui qui était en charge de l'aspect technique, grosse panique. Des solutions de vols sont cherchées, et après avoir décollé du Danemark, pour atterrir en correspondance à Francfort, voilà le musicien à Bruxelles, « c'est avec ma voiture qu'il est arrivé de Belgique pile à temps pour le concert ». Fred en rit, mais à l'époque ce contretemps leur a donné des suées.

Le festival dispose d'une constante : le cadre prestigieux du théâtre à l'italienne motive musiciens et public à s'y réunir. « Le bouche à oreilles fonctionne, on voit sur les réseaux des gens qui identifient leurs amis alors qu'ils ne nous suivent pas ». D'ailleurs c'est à guichet fermé que se joue d'ordinaire l'événement, à quelques jours de l'Acte X du 7 mars, c'est moins d'une cinquantaine de places qui reste, ne tardez pas ! « On est dans la dernière ligne droite où 20 à 30 places sont réservées chaque jour ». 

In Theatrum Denonium fidélise donc, et ce n'est pas l'artiste belge Déhà qui ira nous contredire, il revient cette année pour deux sets « special act » dans le fumoir. L'artiste montre de véritables « liens d'amitiés » avec le festival, à tel point qu'il avait fait la surprise d'enregistrer son live de 2023. Cette année il jouera deux sets, dont un dédié à son compère de scène disparu Oscar Swinks.

« on voulait un événement atypique »

Du métal au théâtre, une formule incongrue ? Pas tant que ça, « on voulait un événement atypique ». Depuis c'est devenu une marque de fabrique, « des organisateurs qui veulent produire des formats similaires dans des opéras nous appellent, en demandant des conseils ». 

Avec une affiche qui nous vient de Hongrie pour Tormentor, de Géorgie avec Psychonaut 4, du grand nord norvégien pour Darvaza, de l'autre côté des Alpes pour les italiens de Nubivagant, ou des Pays-Bas pour le show unique de batterie et chant mené par la leader de Doodswens, sans oublier le voisin belge Déhà cité plus haut, c'est une fois de plus un monde de musique qui va se réunir à Denain le 7 mars.  

Pour vous accueillir, le noyau dur de Nord Forge fort de ses 7 membres et la cinquantaine de bénévoles vous guideront de la salle principale au fumoir, jusqu'aux nombreux stands restauration et boisson, merch et même prévention dans le hall du théâtre. Un acte X qui sera assurément marqué d'une croix dans vos agendas et dans vos esprits.

X.V.


En 10 ans, In Theatrum Denonium est devenu un des marqueurs de la culture sur le denaisis et le grand valenciennois. Pari réussi pour l'association Nord Forge qui avait comme ambition d'associer la virtuosité du métal au lieu emblématique du patrimoine de la cité de Mousseron, en l'occurrence le théâtre de Denain. A l'occasion de l'acte X...

Du tatami au traitement de texte, Pauline M. Berthélémy vit ses passions, sans devoir en privilégier une à l'autre. Elle qui considère l'écriture de ses romans comme une course de fond, partage son temps entre coucher ses idées sur papier et philosophie des arts martiaux. Une somme qu'elle a mise à profit pour Le Secret du Senseï ou encore Dilemme...