Grand angle sur Losange Noir après 10 ans d'existence

16/04/2026

En 10 ans d'existence, Losange Noir s'est fait une place de choix parmi les acteurs de la vie culturelle locale. L'association audio-visuelle filme, documente, accompagne, et multiplie les projets sur l'ensemble du valenciennois et même au delà. Une forte et riche actualité depuis une décennie, un travail sans relâche animé par une véritable passion et surtout un regard particulier et sans filtre sur leur quotidien. Ainsi, c'est entre deux actions au Boulon et au centre socio-culturel d'Escautpont que nous avons réussi à faire poser caméras et appareils photos au quatuor composé de Nicolas Delfort, Stéphane Dubois, Baptiste Burlot, et Kaitline Wucher pour un entretien bilan de leurs actions.

De gauche à droite: Kaitline Wucher, Baptiste Burlot, Nicolas Delfort et Stéphane Dubois.
De gauche à droite: Kaitline Wucher, Baptiste Burlot, Nicolas Delfort et Stéphane Dubois.

Ce Losange Noir c'est nos terrils, ce patrimoine particulier qui renvoie à une histoire de notre région, si particulière entre essor économique, métissage des populations, déclin industriel et nécessité d'utiliser la culture comme levier d'insertion. Ce symbole du terril n'a pas été choisi par hasard, l'association audio-visuelle a bien les pieds ancrés dans cette terre de houillère, mais elle sait gravir ces monts artificiels pour prendre de la hauteur. 

Des friches industrielles à des after-movies comme celui du festival In Theatrum Denonium, les membres de Losange Noir captent là où la lumière se fraie un chemin, et désormais le nom de l'association est devenu synonyme d'une qualité et d'un savoir-faire reconnu. Face à cette affirmation, Stéphane Dubois commente : « en tout cas on espère qu'on apporte un gage de qualité ».

Pour comprendre la méthode du collectif, revenons une décennie en arrière. Nicolas Delfort vivait son Denain comme le font la majorité des acteurs culturels de la ville, c'est à dire avec une vision du potentiel local tout en connaissant le contexte fragilisé par les crises économiques, Nord Forge ou la Fabrique des Arts appliquent cette vision, et Nicolas la partage. Lorsque le vidéaste est apparu pour la première fois dans les colonnes de Valexplorer c'était en tant que Nico187, le « MC lumineux » témoignait de son environnement en mots et en rap, et à l'époque au détour de l'entretien qu'il nous avait accordé, a été évoqué cette envie de passer à l'audio-visuel. Si Jules Mousseron est un des symboles de Denain, en étant poète et mineur, Nicolas s'inscrit dans cette lignée de témoin artistique d'un territoire et ses contemporains, lui qui est titulaire d'un master en Management Artistique à l'UPHF. 

Ce Grand Denain fut aussi le cadre où Stéphane Dubois a su trouver l'environnement de son engagement social, cet éducateur spécialisé de formation a travaillé avec les centres sociaux de la ville. La rencontre entre les deux hommes a su motiver leurs envies de mettre l'audio-visuel au service de leur vision commune, ils devinrent ainsi les deux co-fondateurs de l'association.

Le lancement de Losange Noir correspond à une période d'émulation comme le rappelle Nicolas, « c'était les débuts de La Famille, du collectif Mind », à cette même époque le lieu dit « L'Alternateur » de Valenciennes faisait office de point de chute pour toutes ces volontés, « c'est bien de le rappeler, c'est à Naïm Abdelhakmi que je dois mes premiers contrats pros », souligne le co-fondateur. 

Les projets se sont succédé et les premiers retours déjà élogieux, alors qu'en 2021 Nicolas signait « bons baisers du pays noir », l'année suivante vit la sortie de « gueule noire » par Stéphane. Animé par un credo « créer, produire, transmettre », cet axe n'a pas dévié en 10 ans, il serait même plus que jamais d'actualité, « la force du collectif est de porter à la fois des missions de diffusion jusqu'au prêt de matériel », précise Baptiste Burlot

Ce dernier incarne l'atout nouvelles technologies de l'ensemble, avec des expériences de créations en 3D pour des œuvres cinématographiques ou de la réalité virtuelle au service de l'expression scénique aux côtés de la compagnie Ardestop. Il retrouve ses camarades dans l'angle social avec ses documents qui traitent de mouvements sociaux et manifestations, un travail qui fut présenté notamment à travers l'exposition « Rétrovision » dans le tiers-lieu chez OSCAAR.

« On se forge au fur et à mesure », selon la formule que nous apporte Kaitline Wucher. Elle est l'une des ultimes diplômées de l'ESAD de Valenciennes et dernière arrivée du quatuor qui représente le noyau dur de Losange Noir, elle symbolise l'ouverture du collectif à ceux qui sont animés par l'envie, et à qui le groupe donne l'opportunité de concrétiser les ambitions. Kaitline a réalisé depuis son arrivée en 2023 des films sur Harmonia Sacra et son Opéra Bus ou la rétrospective des 10 ans du QuARTier à Fresnes sur Escaut. 

Si pour chacun des membres nous vous les présentons à travers des productions individuelles c'est d'une part pour situer leur travail, mais aussi pour faire la transition avec une nécessité, celle de différencier les projets individuels des actions du collectif. « C'est là l'enjeu de nombreuses discussions entre nous », nous disent-ils chacun, « ce qu'on veut garder c'est la synergie ».  

Car si les aftermovies des Turbulentes ou des reportages comme celui sur le lien entre jeunesses et élus tourné en ce moment sur Escautpont sont des réalisations Losange Noir, c'est qu'elles font la somme de l'implication de chacun et surtout des diverses compétences amenées. Mais cette partie immergée de l'iceberg ne doit pas occulter l'angle social et de partage. 

Rislane Hakym, ce nom symboliserait ce dernier point, en effet l'actuelle présidente de l'association est entrée dans Losange Noir en tant que stagiaire. Celle que Nicolas surnomme amicalement Riri a développé des compétences dans le son, et également dans l'administration, « créer, produire, transmettre », rien n'a changé en 10 ans. Quand Stéphane nous dit que « nos actions doivent avoir du sens pour les jeunes », il insiste sur le côté participatif et le renvoi de moyens vers des ambitions.

La force de Losange Noir réside également dans la sensibilité que ses membres mettent dans leurs projets. Car même si ils arrivent avec une philosophie et une technique, c'est ceux qui sont au cœur de leurs réalisations qui donnent le ton. Eux qui veulent « comprendre leur territoire », se disent forts de leur actions résumées par « un socle, des apports financiers, du matériel à notre disposition et qu'on prête, mais aussi de tous les gens qui gravitent autour ». Une capacité à faire, et à faire grandir les potentiels, Kaitline l'introvertie par nature le dit elle-même : « on avance de défis en challenges ».

Une décennie écoulée, et un avenir qui se prépare. Même si « il est impossible de se projeter dans les 10 ans à venir », comme le fait remarquer très justement Stéphane, certaines pistes sont déjà à l'étude. Parmi celles-ci les enjeux environnementaux, « on trouve de belles conjugaisons entre biodiversité, vivant, et friches industrielles », dit Nicolas avant de compléter par un « on s'éclate », car le plaisir reste source de motivation.

La méthode Losange Noir repose ainsi entre « une autre histoire du Nord » une éducation populaire, et ce besoin de bien faire les choses par conviction. Des équilibres à maintenir, comme le partage de leur production notamment sur leur compte Youtube, « sans qu'on devienne une vidéothèque ». En somme c'est toujours le travail et la vision collective qui sera entretenue à l'avenir, ce qui fonctionne depuis 2016.

X.V.



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