Coup de projecteur sur les Ombres Manifestes de Élodie Wysocki

09/09/2022

Une rentrée qu'on ne manquerait pas est celle des vernissages de l'école d'arts de Mortagne du Nord. Dans votre cartable, munissez-vous de vos sens pour aller écouter les concerts et voir l'exposition qui lancent cette nouvelle saison. Votre emploi du temps est simple, rendez-vous dès 18h30 ce vendredi 16 septembre au 10 place Paul Gillet. Vous débuterez par l'exposition « Nos ombres manifestes » de Élodie Wysocki, pour ensuite aller à deux pas sur la place de la mairie pour les concerts de Cirsium et Manon Bout de Femme. Valexplorer s'est entretenu avec l'artiste plasticienne à l'occasion de cette reprise.

Pour préparer cet article, nous avons consulté le site officiel de Élodie Wysocki afin d'en savoir plus sur ses pratiques. On y trouve tour à tour des travaux sur l'identité, la condition féminine, des références historiques et mythologiques, la notion du beau, et une sensibilisation à l'écologie. Ainsi, en demandant à l'artiste quels seront les thèmes qui seront abordés lors de son exposition à Mortagne, elle répond amusée : « c'est tout cela à la fois ». Elle nous explique que les axes qui animent sa démarche se croisent et s'entrelacent pour se fondre dans ses œuvres. « Je parle de la même chose à chaque fois, mais avec des entrées différentes ». Le titre de l'exposition « nos ombres manifestes » résume son envie de mettre en lumière des sujets sociétaux, à la vue de tous, mais qu'on préférait ne pas voir.


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La pièce maîtresse de l'exposition, intitulée « A ta santé mon pigeon » est porteuse de nombreux messages. Vous trouverez sur une table des corps de pigeon posés, c'est plus l'expression liée à son nom qu'au volatile en lui-même qui interpelle : « dans certaines relations, on est le pigeon de l'autre, jusque être fragile face à lui ». Élodie Wysocki nous parle ici d'une « société qui aime les humains forts, et qui dominent », une célébration à laquelle on lève nos verres, comme le rappelle l'expression « à ta santé ». Le nom de l'oiseau est même glorifié par un jeu de néons, car la lumière et son utilisation sont aussi des matériaux de la plasticienne. Quand vous rentrerez dans la pièce elle sera quasiment dans l'obscurité, une nouvelle version de la caverne de Platon et de ce regard qui est détourné pour ne plus voir la réalité. Au sol seront parsemés des cheveux, « comme ceux qu'on peut trouver sur les sites des camps de concentration que j'ai eu l'occasion de voir ». Cette matière organique, qui reste et même continue de pousser après notre décès, est sexualisée et associée à une forme de féminité, tout cela trouve sens dans la démarche de l'artiste.

Photo: © Barthélemy Decobecq
Photo: © Barthélemy Decobecq

Domination de l'un sur l'autre, image de la femme, ou environnement, ce sont des sujets qui animent les débats de nos jours, mais qui ont toujours intéressé Élodie. « J'ai quasiment été rattrapé par la médiatisation de ces thèmes ». Pourtant comme elle le souligne, ils sont vieux comme le monde, nos mythes et légendes séculaires sont là pour le prouver. Son œuvre intitulée la Loba illustre ce propos, c'est cette sorcière recroquevillée, qui croisse telle une grenouille, « je pars du présent pour aller vers le passé », dit-elle pour illustrer que l'image qu'on donne, qu'on nous donne, et que l'on reçoit ne sont que des carcans à dépoussiérer. Élodie Wysocki aime également le paradoxe des extrêmes, elle traite de l'anonymat de la condition féminine en s'utilisant comme modèle. De plus elle s'inscrit dans son époque mais laisse le temps faire son usage, sans gommer les défauts, des thématiques que vous pouvez retrouver sur son site officiel dans la série Sweet Vovere Votum.

« Nos ombres manifestes » de Élodie Wysocki est à voir à l'école d'arts de Mortagne du Nord à partir du 16 septembre. Une proposition Tous Azimuts, en partenariat avec le Printemps Culturel et le Musée Vivant des Enfants.

X.V.



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