Ch'éto bin : Lancement d'une saison en mouvements au Phénix

12/09/2022

Qu'est-ce qu'un geste ? Une main tendue, un premier pas, ou même des bras ouverts. Au Phénix c'est tout cela, et des milliers d'autres choses à la fois. Samedi 10 septembre, pour l'ouverture de saison de la structure écarlate de la place Gérard Hourbette, vous étiez plus de 150 à vous inscrire aux ateliers participatifs qui précédaient la représentation de 10 000 gestes. Du parvis, aux couloirs, jusqu'au plateau du grand théâtre, le bâtiment a été habité de votre énergie. Tout un symbole pour cette nouvelle année de spectacles qui débute, où vous serez plus que jamais acteurs.

Le danseur et chorégraphe Boris Charmatz a l'honneur de débuter et de fermer cette nouvelle saison du Phénix. Tout une symbolique pour la scène nationale de Valenciennes,  car son engagement vers l'implication des publics va préfigurer ce que sera ce cru 2022-23. Une conjoncture qui englobera l'hôpital Jean Bernard ou le bailleur social SIGH, les partenariats sont scellés pour aller au plus proche des habitants du territoire. C'est cette dynamique qui a été lancée ce samedi 10 septembre, avec la représentation de 10 000 gestes et ses préludes participatifs. Ces derniers devaient se dérouler dans le parc des prix de Rome, une météo incertaine les a amenés à se tenir dans les murs et à l'extérieur du Phénix. Le fond est resté le même, c'est à dire inviter les spectateurs à littéralement s'échauffer, pour ensuite être au cœur du procédé créatif du spectacle avec sa symphonie de mouvements. C'est une toute autre forme qui s'est révélée, rarement le Phénix a reflété autant sa vocation de lieu de vie.


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On croisait ces petits groupes, tendant leurs bras vers les plafonds des couloirs, marchant à reculons dans l'entrée, groupés bras dessus-dessous sur le parvis. Ils étaient enfants et moins jeunes, venus seuls ou en groupe, et c'est à leur sueur que se lançait la saison. « C'est la société dont on rêve », un regard pertinent apporté par Patrick Roussies, président du conseil de surveillance du Phénix, et représentant la ville de Valenciennes. « Tout le monde était heureux, et chacun avait sa place », renchérit-il. L'expression « tout le monde » n'était pas qu'une tournure de phrase : le directeur de la structure, Romaric Daurier, illustrait ce témoignage, lui-même en jogging et baskets. Selon Boris Charmatz, on avait là l'expression d'une « démocratie, où chacun a sa voix ». Le chorégraphe était le premier surpris de cet engouement : « cette région me frappe par son esprit de partage. Je joue ici au Phénix, ce qui me crée des passerelles jusque l'opéra de Lille. C'est le même sentiment d'inattendu avec les participants aux ateliers, ils étaient venus avec leur envie et leur bonne humeur ».

Prenons le pouls de ceux qui se sont donnés lors des ateliers : il battait la chamade. Entre les sons de DJ Angst qui rythmait la pause avant le spectacle, nous avons rencontré Camille : « quand je vois un spectacle, j'aime savoir comment il se construit, ça me permet de mieux le comprendre. Ici en apprenant comme les danseurs de 10 000 gestes, j'ai trouvé ce que je cherchais ». On a croisé Henri, plus que jamais préparé à l'exercice : « je l'avais déjà fait à Charleroi, et j'y retourne aujourd'hui. C'est épuisant mais contaminant ». A ses côtés Nina, décrit l'exercice en deux termes : « c'est du partage et de la confiance ». Certains s'y étaient préparés, les tenus de sport en témoignaient, d'autres ont appris au fur et à mesure l'investissement demandé. Parmi cet ensemble hétéroclite on trouvait des amateurs tout comme des danseurs aguerris, à l'image de Émilie qui encadrait le groupe de Danse Attitude de la Sentinelle : « c'est une très bonne expérience pour nous qui travaillons essentiellement des figures classiques. On sort de notre registre et on fait des découvertes ».

Ces ateliers à 10 000 gestes ont été une mise en condition dans un temps express de deux heures. Pour la représentation de Fous de danse de juin 2023 toujours par Boris Charmatz, la préparation prendra toute l'année. Très bientôt vont se lancer les ateliers auxquels vous pourrez participer pour le grand final de la saison. Selon Romaric Daurier, nous sommes « aux prémices de l'énergie que l'on veut donner », juste le temps de reprendre son souffle pour les nombreuses émotions qui nous attendent pour les mois à venir.

Photo: © Duncan Elliott
Photo: © Duncan Elliott

Boris Charmatz connaît bien la région et ses atouts. « J'ai un lien fort avec Valenciennes, je me souviens d'une époque où je n'aurai pas pu jouer si je n'étais pas invité. L'espace Pasolini a su prendre un risque en le faisant, si je suis ici au Phénix aujourd'hui cela découle de cette rencontre ». 

Ce souvenir de ses débuts date de 2006, Nathalie Le Corre de la structure de la rue Salle Le Comte en parle avec émotion : « Philippe Asselin dit de Boris qu'il est pour nous un frère, un ami, ou même un père », elle poursuit en évoquant sa création Somnole : « il l'a joué ailleurs que chez nous, mais quand il est venu la présenter à l'espace Pasolini lors du dernier Next Festival, il nous a touché en disant que c'était sur notre scène que ça se devait d'être joué ». Un contexte tout ce qui a de plus favorable pour le chorégraphe, qui avec son association [ terrain ] met la création en lien avec l'humain, pour tendre vers toutes les populations. Les actions du 10 septembre résonnaient alors comme un écho entre sa démarche et celles du Phénix et de ses partenaires. 

X.V.


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