On croisait ces petits groupes, tendant
leurs bras vers les plafonds des couloirs, marchant à reculons dans
l'entrée, groupés bras dessus-dessous sur le parvis. Ils étaient
enfants et moins jeunes, venus seuls ou en groupe, et c'est à leur
sueur que se lançait la saison. « C'est la société dont on
rêve », un regard pertinent apporté par Patrick Roussies,
président du conseil de surveillance du Phénix, et représentant la
ville de Valenciennes. « Tout le monde était heureux, et
chacun avait sa place », renchérit-il. L'expression « tout
le monde » n'était pas qu'une tournure de phrase : le
directeur de la structure, Romaric Daurier, illustrait ce témoignage,
lui-même en jogging et baskets. Selon Boris Charmatz, on avait là
l'expression d'une « démocratie, où chacun a sa voix ».
Le chorégraphe était le premier surpris de cet engouement :
« cette région me frappe par son esprit de partage. Je joue
ici au Phénix, ce qui me crée des passerelles jusque l'opéra de
Lille. C'est le même sentiment d'inattendu avec les participants aux
ateliers, ils étaient venus avec leur envie et leur bonne humeur ».