Cheminement de Monica Sestu qui expose au Musée Vivant des Enfants

04/04/2026

Ce qui est remarquable dans les propositions du Musée Vivant des Enfants, est que le choix des artistes proposés en exposition ne se fait pas sur leur profil académique ou autodidacte. La préférence se fait surtout au jeu des rencontres, et les critères sont basés sur une technique identifiée et évidemment sa maîtrise. Monica Sestu correspond à cette description, elle qui s'est rêvée plasticienne, se retrouve désormais légitime à travers les nombreux prix qu'elle reçoit. Dans un univers fait de peintures, sculptures, moulages et même des essais à la gravure, c'est son besoin d'expression et le sérieux dont elle se dote qui est remarquable. Focus sur une artiste du territoire, les pieds ancrés sur cette terre de houille, et qui fait face à son art tels les portraits qui nous regardent et leurs sourires fugaces.

L'expression artistique serait peut-être un langage pour Monica Sestu, mais avec à chaque fois plusieurs lectures. Lors de notre rendez-vous avant le vernissage du 20 mars, l'artiste arrive avec un buste sous le bras, « c'est ma fille à 6 ans, elle a insisté pour que je l'expose », précise-t-elle. Une production pour laquelle Monica fut primée, « c'est peut-être le mélange des effets lisses de la peau et du rugueux du pull qui a séduit », on notera tout même ce parallèle entre l'artiste et la maman, dans les deux cas une fierté de ce qu'elle a offert au monde. 

Dans la cave de l'ancienne brasserie de la rue Pasteur à Fresnes sur Escaut, Monica évolue à travers ses travaux comme un livre ouvert sur sa vie. Elle qui vient d'une famille de dix enfants, il a fallu qu'elle trouve sa place. La main qu'on lui a tendu tenait un pinceau, « depuis mes 15 ans et la première distinction que j'ai reçu pour une toile, je gardais cette envie de produire, mais la vie en a voulu autrement, avec ses contraintes. Ainsi quand je me suis retrouvé chez un ami et que j'ai été fascinée par les toiles que j'y voyais, il m'a offert un pinceau, mon premier ».

C'était 30 années d'envies inassouvies qu'il fallait désormais exprimer. Monica Sestu s'est formée à travers des ouvrages, des visites de musées et d'expositions, en comprenant la nécessité de s'enrichir avant de prétendre produire. Un aspect qu'on pourrait comparer à un syndrome de l'imposteur ? 

L'intéressée ne s'en défend pas, et elle en a même fait une force. Est-ce cette nécessité de tendre vers une rigueur qui impose ce lisse parfait à ses sculptures dont elle s'est fabriquée les moules ? Ou alors cette recherche permanente qui lui permet d'être aussi à l'aise sur le figuratif de ses portraits que sur les émotions brutes de ses productions abstraites ? Monica se présente comme une femme à multiples facettes sur un chemin de construction, et ses méthodes qui consistent à produire ses pigments et leur matière qu'elle garde secrète illustre ce fait.



Grâce à la scénographie apportée par Régis Marie du MVE, un buste fait face aux portraits du fond de la salle, un jeu de regards croisés pour rentrer encore plus dans son intimité. Des bustes aux toiles, les sourires ne demandent qu'à s'épanouir, presque voilés et subtils. 

Lorsque Monica nous parle de Soulages ou Modigliani ce n'est pas que pour montrer qu'elle est désormais érudite, c'est aussi s'inscrire dans des écoles et leurs influences. Ainsi si le noir vient dominer une composition ou si les cous sont volontairement allongés, on saisit mieux sa démarche de prolonger ce qu'elle a retenu des maîtres.

« Je me déconnecte du monde et j'invente les miens » selon le credo qu'elle s'est imposée. Cela dit, la petite fille d'un milieu modeste est toujours là enfouie, comme pour lui rappeler que la connaissance n'est rien sans l'instinct. Ainsi lorsqu'elle pense à son grand-père mineur, c'est une série de chaussures de toutes tailles, d'adultes et de galibots, qu'elle imagine sculptées. Elles sont d'un noir anthracite qui tend vers un cuir plus que véritable, et installées sur un module qui évoque évidemment un terril, avec cette production l'artiste ne renie en rien d'où elle vient.

Pour développer ce besoin d'exister dans son art et son quotidien, Monica Sestu a développé une nécessité spirituelle. Une recherche d'équilibre qu'elle exprime dans la recherche et les nombreuses techniques de l'acrylique à la gravure jusqu'au fusain. Une démarche vient rencontrer ses pairs à l'occasion de prix qui lui remettent. Ainsi le Musée Vivant des Enfants ne s'est pas trompé en lui proposant d'exposer « mon chemin», cette voie qu'elle s'est tracée grâce à ces pinceaux qu'elle ne lâche plus. 

X.V.

Crédits photos: © service communication, ville de Fresnes-sur-Escaut.


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