Anaïs Fumana et le retour à la terre

15/10/2024

Après Sylvie Ludwiczak et ses tissus, le Musée Vivant des Enfants en partenariat avec le Printemps Culturel poursuit ses collaborations avec des créatifs alliant art et artisanat. Ainsi c'est Anaïs Fumana qui présente en ce moment dans la cave de la structure fresnoise des poteries, un ensemble composé de ses travaux et d'autres réalisés par les participants aux ateliers. Alliant les éléments et matériaux à un travail de reconstruction et d'introspection, la technique et la philosophie de l'artiste seraient tel un retour à la terre, une invitation sur « le chemin d'une potière ».

La poterie ne se pratique pas, elle se vit. C'est le constat qu'ont témoigné tous ceux qui ont collaboré aux ateliers de Anaïs Fumana au Musée Vivant des Enfants. Frédéric Varlet, président de l'association en charge de la structure de Fresnes sur Escaut l'exprime ainsi : « ce n'est pas que le résultat qui compte, il faut le faire ». 

La pratique du tournage et la rencontre avec la matière seraient ainsi l'expression du vivant, et Anaïs défend cette vision comme un souffle salvateur : « ça m'a sauvé la vie » dit-elle sans détour en parlant ouvertement de son burn-out. Celle qui a fréquenté aussi bien les écoles d'arts que les formations en ébénisterie, pensait se consacrer à la sculpture, mais son envie de volume trouvera son expression lors de sa rencontre avec la terre argileuse : « j'ai appris à respirer, à me connaître, avec ce besoin d'exprimer et d'exulter mes sentiments ».



« c'est du tribal, et ceux qui pratiquent la poterie sont de ma tribu »

Un « retour à la terre » qu'elle partage désormais, autour d'une pratique qui nous vient des origines de l'humanité. Anaïs y voit aussi bien de l'art et de l'artisanat « avec un retour l'un à l'autre », qu'un lien entre les personnes, « c'est du tribal, et ceux qui pratiquent la poterie sont de ma tribu ». L'expression de sa pédagogie a été soulignée par Marie-Thérèse Maniez adjointe fresnoise à la culture. Un compliment sur la tenue des ateliers où se sont croisés tous types de participants, « même des bébés, on les voyaient manipuler et il se passait quelque chose » témoigne Johan Grzelczyk du Printemps Culturel.  

Quand Anaïs nous parle de poterie, c'est l'humanité qui est évoquée. « Nous sommes tous fait de la même argile » selon l'expression, et pourtant tous uniques comme les pièces qu'elle présente. L'artiste aime les aspérités, le rugueux, chez elle on oubli le lisse et l'usiné, « chaque objet est unique dans le détail ». 

Ce que la potière a voulu transmettre à travers son savoir serait l'expression de nos réussites comme nos erreurs, « il n'y a pas d'échecs, que des expériences ». Une pratique qui tendrait vers une forme de spiritualité « terre à terre » sans être austère. La glaise, l'eau, et le feu de la cuisson rappellent un rapport aux éléments, et l'utilisation de teintes cassées exprime que la perfection n'existe pas, et qu'elle ne devrait jamais être un objectif.  

Une pratique de la poterie telle un bœuf entre musiciens, « où on en invite un et il vient avec ses copains ». Virevoltant comme un tour ou un jazz manouche, c'est du vivant qui s'exprime dans les formes figées de la glaise. Un « chemin d'une potière » où Anaïs Fumana a trouvé sa voie, et sur laquelle elle nous invite à la suivre.

X.V.



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