Allez dans le sens de la vie avec la compagnie La Bicaudale à l'espace Athéna

28/01/2026

On ne va pas se quitter comme ça c'est la promesse d'un au-revoir en bonne et due forme. Mais attention, même en y mettant toute la meilleure volonté du monde, une vie ne se gère pas comme un dossier administratif. Il y a ces hauts, des bas, ce qu'on espère maîtriser et tout ce qui nous échappe. A la grande question du sens de la vie, la compagnie La Bicaudale propose autant de pistes que de pratiques de la scène. En résidence à l'espace Athéna de St Saulve avant la première du 30 janvier, on y danse, on y chante avec vous, on y fait des acrobaties, on s'élève et on garde un attachement au sol. Une vision que nous explique la comédienne, metteure en scène et créatrice Justine Cambon entre deux temps de répétition.

La vie de bureau tel un mythe de Sisyphe, des gestes répétés et une monotonie, ça serait ça la vie ? Dans ce contexte carré et régie par ses règles, une invitation tombe littéralement du ciel sous la forme d'une boulette de papier: « au départ pour les six personnages, c'est la solitude, à classer des dossiers symboliques », Justine Cambon explique la base du texte qu'elle a écrit avec Sébastien Peyre. Ces dossiers arborent des mots, tous sont clefs pour porter les angles développés par les tableaux. « Des croyances et certitudes balayées par des questions existentielles ». Un sens de la vie qui ferait appel à nos sens innés, On ne va pas se quitter comme ça se regarde, s'écoute, se lit, et se chante même.



« ne pas donner de morale ni de leçon, mais plutôt donner à ressentir ce vertige qu'est la vie »

Pour porter son propos, Justine Cambon a pensé l'écriture en fonction des qualités qui composent la compagnie La Bicaudale. Elle est de formation comédienne, Sébastien Peyre écrit, met en scène avec ses qualités de circassien, Célia Guibbert pratique l'acrobatie, Cyril Le Jallé met sa comédie à interpréter le rôle du sachant, l'habileté de Thomas Dequidt est au service du jonglage et Sarah Gonçalvez enchaîne les pas et les sauts comme la danseuse qu'elle est. 

En résulte une œuvre pluridisciplinaire, « tout sauf intello », qui tend à explorer des suites de pistes, sans prétendre à donner des réponses toutes faites, « ne pas donner de morale ni de leçon, mais plutôt donner à ressentir ce vertige qu'est la vie ». Justine résume son propos par « les personnages se battent avec vérité ».

Un flot d'émotions s'anime sur scène, d'une base volontairement absurde arrive d'autres ressentis, « il y a plusieurs couleurs, plus on avance plus on va dans le sincère ». La mise en scène exploite à la fois les employés de bureau, cette créature faite de papier, et le plateau qui déborde. On y rentre et sort côtés cour et jardin, le quatrième mur se brise quand le public chante en chœur avec les artistes, les dossiers viennent des coulisses, passent de main en main, et y retournent. 

Au sujet de ces éléments en carton portant des mots, leur usage est multiple, ils servent de piédestal fragile, on en fait même des murs, « tout est volontairement instable, et c'est ça qui est beau ». Des mots sur des cartons ? On pense évidemment à la création à succès « Les gros patinent bien », Justine dit avoir commencé l'écriture de On ne va pas se quitter comme ça il y a quatre ans, et que le support commun serait « dans l'air du temps ».

C'est à l'espace Athéna que se jouera la première le vendredi 30 janvier. Une exclusivité pour la structure de St Saulve qui résulte d'un accompagnement à la création. C'est dans le cadre de cette résidence que nous avons assisté aux répétitions, et Justine nous a fait remarquer que ce n'était pas la première interview qu'elle accordait à Valexplorer. En effet il y a pile un an, Justine était aux côtés de Nicolas Ducron pour le Cabaret des Oubliés

Un contexte quasi-similaire où la nécessité au soutien à la création était évoqué. Rien n'a changé ou presque selon la metteure en scène, en dépit des baisses de subventions la région Hauts de France reste un territoire qui fait figure d'exception. La véritable différence serait des moyens moindres, « ce qui impacte sur le temps de répétition, mais on est chanceux de pouvoir une fois de plus être accueillis par la MJC ».

X.V.

Photos: Bertrand Arnould

Infos et réservations ci-dessous

  • Vendredi 30 janvier 2026 – 20h00
  • Tarifs : 12 / 10 euros – Tout public dès 8 ans
  • Durée : 1 h suivi d'un échange bord de scène
  • Billetterie: 03 27 28 15 30
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