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Tout est à écrire et « entre les lignes » pour Magali Dulain au MVE
Pour sa dernière exposition avant les restitutions en amont des Agités du Mélange, c'est Magali Dulain qui est mise à l'honneur par le Musée Vivant des Enfants. Venue avec son monde coloré, l'illustratrice propose qu'on lise « entre les lignes » de ses travaux, entre codes de l'enfance et l'exploration plastique. De par sa pratique, Magali cherche l'inspiration, les inspirations au pluriel même, pour autant d'univers que d'envies. Et c'est donc une artiste inspirante que nous avons rencontrée au milieu de ses travaux, entre mémoire entretenue et futurs souhaités.

Illustratrice est un bien grand mot pour parler d'une pratique. Ce métier comporte plusieurs compétences, dessinatrice évidemment, coloriste dans un second temps, et enfin la capacité à comprendre et interpréter les idées pour composer. C'est sur la base de cette trinité d'aptitudes qu'on pourrait rentrer dans l'univers de Magali Dulain. Ça serait juste une porte d'entrée, car une fois dans son univers, on y découvre une pratique liée aux contacts, sensoriels et sociaux.
Pour l'artiste, elle pratique « un métier manuel », une définition qu'on applique rarement aux plasticiens, et qui pourtant est plus que légitime, « il y a ce côté artisanal », nous dit l'intéressée. Magali souligne aussi un paradoxe, de son atelier à ceux qu'elle anime : « il y a une part qui est très solitaire, mais aussi une autre à la rencontre avec des publics, ça ouvre les horizons ».
La rencontre, elle maîtrise et elle pratique, cela depuis ses années d'animatrice en péri-scolaire, « une période qui m'a rassurée sur la présence d'artistes auprès des enfants ». Des échanges nés sur la base des mondes qu'elle dessine et colorise, qui parle aux plus jeunes et à ceux qui l'ont été, « c'est vrai que ma gamme de couleurs assez lumineuse parle à beaucoup ».
Gouaches, aquarelles, ou crayons de couleurs au services d'ouvrages pour la jeunesse, mais aussi de carnet de voyages ou de croquis, chez elle la page marque un temps précis, « je consigne tout, si les idées s'éparpillent elles ne restent pas », nous dit-elle en évoquant ses carnets où elles notaient ses rêves. Chez elle, le même besoin d'archive où des placards sont dédiés à la sauvegarde : « la mémoire est un sujet que j'affectionne beaucoup ».
C'est en puisant en elle que Magali va chercher son inspiration, ainsi si vous lui trouvez une ressemblance avec un de ses personnages féminins, ce n'est peut-être pas un hasard. Elle imagine des compositions en ne se laissant pas aller à un certain confort : « j'arrive à créer des images qui sont plus de l'imaginaire que du figuratif ».
Pourtant en y regardant de plus près, il y a énormément de rigueur dans ses compositions, si l'image n'est pas cadrée, c'est le contexte qui lui donne une forme ordonnée. C'est pourquoi pour contrebalancer, Magali a aussi amené dans l'exposition « entre les lignes » des travaux abstraits. Elle nous parle de lâcher-prise, et d'envies de risques, « et quand j'y arrive, je suis contente ». Ainsi, à force de jouer avec les formes d'expressions, c'est sans détour qu'elle espère pouvoir les amalgamer un jour.
D'ailleurs Magali est pleine d'espoirs, elle s'imagine des lendemains où elle pourrait créer un lieu comme le MVE : « je l'ai découvert à l'occasion d'un CLEA, et désormais il m'inspire pour monter quelque chose de similaire ». Pour l'artiste, tout est à écrire, surtout quand on lit « entre les lignes ». L'exposition est visible jusqu'au 6 juin au Musée Vivant des Enfants de Fresnes-sur-Escaut.
X.V.
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