Retour des Moutons Noirs aux Nymphéas pour deux créations

24/02/2022

C'est l'info théâtrale aussi grosse que le nez au milieu de la figure, et aussi imposante qu'un iceberg : la compagnie des Moutons Noirs est de retour près de chez vous. Avec deux dates aux Nymphéas, la troupe qui aime revitaliser les monuments de la culture populaire revient avec Cyrano(s) et Titanic en mars et mai. A cette occasion, Valexplorer a échangé avec Yannick Laubin pour évoquer la méthode de travail de la compagnie, ses thèmes abordés, et leur angle si particulier. Une actualité à la pointe qui voltige, et qui fait mouche.

Entre les Nymphéas et les Moutons Noirs, c'est une belle relation qui rappelle des souvenirs. « Nous avions eu un rapport puissant avec les valenciennois lors de la représentation de Ruy Blas, et le public qui était venu assister à la création de MacBeth nous a gratifié d'échanges très enrichissants », Yannick Laubin de la compagnie évoque ses précédentes expériences du Nord. Ainsi vous êtes nombreux à vous féliciter de leur retour dans la structure d'Aulnoy lez Valenciennes, le premier satisfait étant le directeur du service culturel, Rémi Tandonnet : « surtout qu'ils reviennent avec leur version de Cyrano, un beau cadeau car c'est ma pièce préférée ».  

Pour cette adaptation du classique d'Edmond Rostand, les Moutons Noirs ont choisi la carte plurielle avec Cyrano(s). Concrètement, ils seront cinq sur les planches, alternant les rôles selon les scènes, tout en incarnant chacun le héros au long nez. « Cyrano c'est nous, c'est vous, c'est tous ceux qui se sentent complexés », explique Yannick. L'approche de la compagnie est de rendre son côté universel aux thèmes de la pièce, en le dépoussiérant, le rendant plus que jamais contemporain. Un exemple concret serait ce personnage qui évoque sa perte de poids lors du confinement, ou cette scène classique du balcon qui parle de la confiance en soit et du repli de l'individu. « On a épuré volontairement les décors, une table ou une chaise comme accessoires, et pas grand chose de plus. C'est le texte qui nous porte, et qui explore tous ces complexes qui nous sont propres ».

Étant le monsieur masque de la troupe, Yannick a réalisé les appendices nasales des cinq comédiens. « Ils sont faits sur mesures mais ont des particularités », comme pour rappeler que même si chacun se trouve des défauts, tout cela reste une affaire personnelle. Chez les Moutons Noirs on aborde le commun, en allant gratter la conscience collective : « c'est notre marque de fabrique, un travail sur la mémoire avec un nouvel éclairage ». C'est donc la même méthode qui sera appliquée avec Titanic. Un siècle après le drame, la troupe entreprend de raconter une histoire dont on connaît l'issue fatidique, tout en s'intéressant au chemin à parcourir pour arriver à destination, ou pas.  

« Dès l'entrée de la salle, on accueille le public en musique, une façon de l'inclure dès le départ, une sorte d'immersion », Yannick ose se mouiller avec ce jeu de mot. Ce Titanic c'est une histoire tragique, mais également le témoin d'une époque, d'un siècle nouveau qui s'élance, et ses passagers qui existent par leurs classes sociales. « On parle de la société de l'époque, de civilisation, embarqués sur le même bateau ». La forme présentée est une comédie musicale, car il est bien connu que jusque la fin l'orchestre a continué à jouer. « Il y a cet écho qui se perpétue, le Titanic est devenu un mythe ». Une nouvelle mythologie qui résonne encore aujourd'hui, et dont les thèmes se transposent sans effort à notre époque.

Cyrano(s) se jouera le 5 mars à 20h, et Titanic le 14 mai à 20h. Infos et réservations aux liens ci-dessous.

X.V.


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