Manon bout d'femme, l'artiste déconfinée

15/02/2022

Rares sont nos articles récents qui ne mentionnent pas la crise sanitaire. Quasiment à chaque fois pour évoquer des pauses forcées, ou des reports de projets. Mais heureusement parfois de belles histoires découlent de cette période, et Manon bout d'femme incarne ces exceptions. C'est face à elle-même, et arrivée à un moment charnière de son existence que l'artiste s'est révélée. Depuis, elle s'est fait remarquer lors du festival initiative jeunesse chez OSCAAR, et se produit près de chez vous. C'est riche d'une actualité qui l'amènera en studio que nous avons rencontré l'auteure-interprète pour son premier portrait Valexplorer.

Une pointe de rouge sur le bout du nez, la tête coiffée d'un chapeau, et assise en tailleur. C'est ainsi que Manon bout d'femme vous invite dans son univers fait d' « humanisme, coups de gueule, ironie, et plus encore », selon sa présentation sur les réseaux sociaux. Ce personnage de clown triste découle d'une de ses chansons dédiée à son père, une figure fondatrice de son amour des arts, de la chanson à texte jusqu'aux productions plastiques. C'est d'ailleurs dans un contexte où Manon a fait la somme de ce qui la compose que ses premières compositions sont nées. « Je me suis retrouvée enfermée avec moi-même, moi qui aime sortir et aller vers les gens, il me fallait un exutoire ». Ironie du sort, c'est le thème de l'exclusion sociale que Manon a traité dans son mémoire de fin d'études, et le processus de mettre en mot ses idées l'a poussé à aller plus loin, elle a donc gardé la plume, « avec des influences comme Brassens ».

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Ainsi sont nées des chansons ficelées, « avec parfois une heure avant de choisir le bon mot », aux thèmes aussi durs que l'exclusion ou la prostitution, « pour essayer de changer le regard qu'on pose sur ces sujets ». Et c'est là toute la force et la particularité de ce bout d'femme, sous son maquillage « là pour me protéger », émerge une force et un regard sans concession. Une osmose qui a conquit son public, notamment lors du festival initiative jeunesse organisé par le STAJ et la FLAC. Manon a déjà enregistré quelques titres mais garde ce projet comme une ébauche de ce qu'elle veut entreprendre. A ce jour, c'est un véritable disque produit dans un studio qui est dans l'objectif : « je vais bientôt rentrer à l'Irresponsable Studio, et je vais m'entourer de musiciens comme Seb Dil sur le morceau Reflet glacé qui traite de l'anorexie ». Ambiances manouche ou musiques orientales sont d'après elle des ambiances qu'elle veut saisir, un reflet de ses goûts personnels.

Nous avons rencontré Manon chez OSCAAR à l'occasion d'une soirée où elle chantait évidemment, mais également dans le cadre d'un vernissage où elle partageait les murs du tiers lieu avec Grégory Joveniaux. « Je suis doublement chanceuse, c'est la première fois que j'associe mes deux pratiques artistiques ». L'univers graphique de Manon est fait d'une production minutieuse, un souci du détail au feutre de 0,5 mm de diamètre, où son imagination la porte au grès de chaque point posé : « je dessine comme j'écris, j'aime me balader dans la feuille, pour au final arriver à des compositions avec leurs parts d'abstrait et de concret ». Une fois de plus, c'est une artiste qui dissèque, analyse, pour aller au plus profond comme on peut le voir sur ses coupes d'insectes.  

Manon écrit, elle chante, et elle dessine, le tout dans un esprit de cohésion. Pour elle, tous ces aspects sont le reflet d'un héritage familial, un background culturel qu'elle renvoie à son père. Elle assume d'autant plus cette pluralité et son expression qu'elle envisage d'illustrer son futur disque avec ses propres productions. Vous l'aurez compris, Manon bout d'femme a entamé une voie artistique, et se projette sur de futurs projets, qui l'amèneront forcément à réapparaître dans les pages de Valexplorer.

X.V.


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