Les mosaïques sont audacieuses avec Marie-Odile Laurent

23/01/2024

Art millénaire, la mosaïque a cette particularité d'être connue du grand public, sans que celui-ci ne sache toutes les pratiques qui lui sont associées. Du choix des matériaux à celui des supports, jusque son exploitation sur différentes surfaces, pour aller vers des travaux en trois dimensions, c'est des productions qui ne connaissent quasiment aucune limite. Pour vous en convaincre, l'artiste Marie-Odile Laurent expose en ce moment une vingtaine d'œuvres à la MJC de St Saulve, et pour donner encore plus de relief à la mosaïque une conférence se tiendra le jeudi 25 janvier, où toutes les questions que vous vous posez auront leur réponse, comme pour recoller les morceaux entre l'art et le public.

Aussi loin qu'elle se souvienne, Marie-Odile Laurent a été attirée par la mosaïque, elle qui a grandit en admirant le fond de cheminée que son grand-père avait confectionné avec de la vaisselle cassée. Après s'être initiée de façon académique aux beaux-arts dans l'Est qui la vu naître, c'est un métier de la communication qu'elle a exercé dans la sidérurgie, tout en gardant en elle cette curiosité pour les arts. Une soif qu'elle a épongé d'ouvrages sur le sujet, et par des voyages à la rencontre de travaux exposés. De ses pérégrinations elle cite allégrement le Petit Paris de Marcel Dhievre, la maison Picasiette à Chartres, « et évidemment Barcelone, il y a 25 ans quand je me suis dit que j'allais me mettre à la mosaïque, j'étais inspiré d'une façon à la Gaudi ».  



Une rencontre décisive avec Gérard Brand lors d'un stage qu'il animait allait alimenter sa production : « il m'a montré que la mosaïque pouvait être en 3D ». Comme l'art que Marie-Odile pratique, c'est par étapes qu'elle s'est formée, pour ensuite faire la somme de ses connaissances. « On fragmente, on recompose, avec nos envies et nos émotions », dit-elle comme un leitmotiv, « ça peut être des colères ou même de la tristesse », ainsi quand on lui parle d'exutoire l'artiste répond un franc « oui ».

Pour tout à chacun, la mosaïque serait restée au stade de la fresque, et pourtant en nous présentant les travaux exposés à la MJC de St Saulve l'artiste s'est donnée comme objectif de tordre le cou aux idées reçues. On y retrouve des compositions qui comportent broderie et dentelles, des chutes industrielles, de la porcelaine et céramiques, et même des coquillages et autres matières organiques marines, jusque des diodes électroluminescentes. Un ensemble de montages, et osons le terme de sculptures, où le relief est construit par des collages mais aussi des modules, voire de la lumière et ses ombres.  

Dans ses travaux il y a des souvenirs de voyages et des traces de son enfance. Ainsi vous irez par procuration du désert de sel bolivien, jusque dans l'imaginaire collectif personnifié par des figures telle Fifi Brindacier, « on recolle les morceaux de notre identité », admet-elle. 

Marie-Odile Laurent se veut également ancrée dans son époque, avec l'utilisation de matériaux dans un esprit de recyclage, ainsi quand elle parle de glanage et de récupérations elle explique sa démarche en ces termes : « je suis artiste et citoyenne qui se pose des questions », l'utilisation de poêles usées comme support est une des expressions de son propos.

« Je cherche, le détail me torture, mon but est là, et le titre de l'exposition nommée Audacieuse résume cela »

« Je me suis jetée à corps perdu dans la mosaïque », une vie d'artiste débutée il y a 25 ans, et qui fut exposée pour la première fois il y a 10 ans. Avec sa « poule aux œufs d'or musifs» visible à St Saulve elle reçut la mention spéciale du jury dans la catégorie Amateurs Initiés aux Rencontres Internationales de Chartres. A la question de savoir qui est arrivé en premier de l'œuf ou la poule, pour Marie-Odile Laurent la réponse est évidente, c'est la récompense remise pour les deux qui l'a encouragé dans sa pratique. 

Elle vit son art telle « une quête », car comme elle dit « je cherche, le détail me torture, mon but est là, et le titre de l'exposition nommée Audacieuse résume cela ». Afin de briser l'image d'art décoratif de la mosaïque, elle défend un « souci d'esthétique et d'expression pas assez connu du grand public ».  

Marie-Odile Laurent joue avec son art, pour tenter d'explorer et de repousser les limites. « L'art est libre, et la liberté est de pouvoir s'exprimer comme on le veut ». Une démarche à l'image de sa production, tout en relief. Pour pousser encore plus loin sa vision, elle exploite son côté pédagogue à travers des publications et des conférences comme celle qui se tient le jeudi 25 janvier à la MJC de St Saulve. Une vie d'artiste tout en relief, fait de ces petits bouts qui forment un tout, « des mosaïques à l'image de notre humanité » comme elle le défend.

X.V.



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