Cette pluie d'éloges serait le fruit
« d'un travail de tous les jours » nous dit Thierry
Hanna. Une reconnaissance de la presse, mais aussi du public, et
pourtant vivre de la scène n'est pas une aventure de tout repos,
« avant notre passage en Avignon cet été on tirait la
cloche », un appel aux professionnels pour d'éventuelles
programmations. Et comme le métier d'acteur demande de la
polyvalence, les membres de la troupe ont décidé de se faire les
premiers promoteurs de leur création en allant au mythique festival
de théâtre du Vaucluse, équipés de leur Gabomobile, prêt à
provoquer leur destin.
C'est la deuxième fois que les membres de
Gabor se rendaient en Avignon, après une année où ils se sont
essayés à la rue, c'est pour des représentations en salle qu'ils
se sont armés l'été dernier. « On a bossé tout une année
pour se préparer, avec budget, costumes, nouveau décor, etc ».
Une persévérance qui a porté ses fruits, et un défi de taille quand on sait que c'est plus de 1000 spectacles qui sont présentés chaque jour lors du festival. Ainsi, après des débuts timides où Gabor s'est joué face à 20 spectateurs, l'effet boule de neige s'est enclenché, « et dès le deuxième jour on est passé à 30 personnes, puis 60, 70, jusque 155 pour une salle qui pouvait en contenir 170 ».
Parmi les visiteurs, certains étaient remarquables, Thierry Hanna garde le souvenir de la venue de Rima Abdul Malak, ministre de la culture « qui est venue nous encourager avant le spectacle », ou même Xavier Bertrand avec qui ils ont pu échanger sur le sujet des acteurs originaires des Hauts de France, région qu'il préside. Une visibilité qui a également su toucher les professionnels de la scène, pour Gabor il y aura clairement un avant et un après Avignon 2023.