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Langue maternelle et langage paternel pour le retour de JUG
Que d'eau sous les ponts depuis le dernier single de JUG. Depuis 2019 et la sortie de Burn Me, le bluesman a vécu comme nous tous le COVID, il a continué à collaborer avec ses compagnons de scène comme Saule, et surtout il a fondé une famille. C'est ce bilan humain qu'il exprime dans son titre Le Bruit de l'eau, qui se dévoile comme un tournant dans la carrière du musicien, faisant ici usage de sa langue maternelle pour nous parler avec son langage paternel. Un single disponible en ligne et illustré par un clip qui annonce toute une nouvelle série d'actualités.

C'est par un visuel où l'on voit JUG de dos, sa tête tournée de profil, que le musicien a lancé sa campagne de promotion du Bruit de l'eau. Une image riche de symbole où rien n'est laissé au hasard pour parler de cette nouvelle histoire artistique qui débute, mais ne saurait occulter tout le chemin parcouru jusqu'ici. Pour ce récit neuf qu'il a écrit c'est le français que JUG a choisi, son autre langue avec le blues : « ma culture n'a pas bougé, l'introspection reste la même. Mais j'avais des scrupules à m'exprimer en anglais, je veux être honnête à 100% ».
A l'écouter, rien ne change dans sa démarche, c'est juste une autre façon d'utiliser sa culture, « en 2024 le souci du blues n'est pas de raconter les champs de coton, mais on peut trouver des sujets qui se maintiennent dans le temps comme l'amour ».
Même si sur ses réseaux sociaux, JUG parle de « nouveau départ artistique », à l'écoute du Bruit de l'eau on y trouve surtout une envie de continuer, en faisant la somme de ce qui le compose, avec des questionnements qui le portent. « On se doit d'être solide, de tenir sur ses jambes, et composer avec une sensibilité exacerbée. Sauf qu'à vouloir être dur on ne sait plus pleurer », une honnêteté en interview qui va dans le sens de sa production.
JUG exprime ainsi l'individu, ses doutes, et heureusement aussi ses soutiens, parmi ceux-ci il nous parle de son ami Bruno, que l'on connaît plus sous le nom de scène Cali : « il m'a demandé de lui envoyer mes chansons, et après les avoir écouté il m'a dit qu'elles le touchaient beaucoup. J'étais dans une période où je doutais, et surtout je ne voulais pas faire pour faire. Quand Cali m'a complimenté en disant que je réinventait le blues, ça m'a remis en confiance ».
Il n'y a pas que du côté de la scène que JUG a trouvé du soutien, il en a reçu également dans la famille qu'il s'est créé, « avec ma fille pour qui je suis son meilleur ami ». Devenir père a été un tournant décisif dans son parcours d'artiste, « en l'observant je me suis retrouvé dans un processus introspectif, c'est mon enfance et mon innocence que je recherchais ».
Une déclaration qui fait la transition directe avec les thèmes abordés dans le Bruit de l'eau, et son clip réalisé par Akim Ghardane où bloqué dans une voiture, JUG dit vivre « un huis-clos à l'intérieur de ma tête, et ma fille vient m'en libérer ». Une force comme exutoire, un échange qui lui permet de dire que « si tu vies des épreuves ce n'est pas pour rien, il faut savoir les accepter pour laisser l'eau couler ».
"je me suis retrouvé dans un processus introspectif, c'est mon enfance et mon innocence que je recherchais"

Un désir d'émancipation, une envie d'aller de l'avant, le tout en sachant d'où il vient. Car même si le Bruit de l'eau est chanté en français, son orchestration fait la somme du blues à la JUG qui fait sa marque de fabrique. « Des influences comme les sons hispaniques que mon public dit apprécier », jusqu'aux chœurs qui ne sauraient effacer l'histoire des negro-spirituals, plus que jamais le blues est une musique contemporaine quand elle est composée par JUG.
Le Bruit de l'eau vient d'être mis en ligne, et le titre est accompagné de son clip, une étape qui annonce d'autres sorties, et même un format physique de disque « auquel je suis beaucoup attaché ». Tout un ensemble de nouveautés et d'héritage pour un artiste désireux d'affronter l'avenir, dans le sens du courant qui l'a porté jusqu'ici.
X.V.
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