De l'ordre au chaos, l'œuvre de Emmanuel Dykoka se présente comme une partition bien réglée. Un parallèle évident pour le plasticien qui est également musicien. Chez lui l'abstrait témoigne d'un laisser-faire ordonné, des couleurs qui se répandent aux formes géométriques qui s'invitent, le cadre existe bien avant les limites du support. L'abstrait...
Emmanuel Dykoka présente un art abstrait en accord avec nos sens au QuARTier
De l'ordre au chaos, l'œuvre de Emmanuel Dykoka se présente comme une partition bien réglée. Un parallèle évident pour le plasticien qui est également musicien. Chez lui l'abstrait témoigne d'un laisser-faire ordonné, des couleurs qui se répandent aux formes géométriques qui s'invitent, le cadre existe bien avant les limites du support. L'abstrait demande de la rigueur, c'est l'un des enseignements qu'il a transmis aux participants des ateliers du QuARTier dans le cadre des biens nommés Les quartiers d'art du Printemps Culturel. Nous avons rencontré Emmanuel entouré de ses travaux présentés dans l'exposition Synesthésie, visible au centre d'arts de Fresnes sur Escaut jusque fin janvier.

Bien avant d'être diplômé des beaux-arts de Valenciennes, c'est au lycée du Hainaut que Emmanuel Dykoka a fait sa scolarité en arrivant de ses Ardennes natales. Un enseignement de la mécanique qu'il ne renie pas et dont il garde une trace encore aujourd'hui : « j'aimais le dessin industriel, quand je ne dessinais pas dans les marges de mes cahiers de math et français. C'est d'ailleurs avec eux sous le bras que j'ai présenté le concours des beaux-arts ».
C'est sur cette base que s'ouvre la découverte de ses travaux exposés au QuARTier de Fresnes sur Escaut depuis décembre 2025. Couleurs et formes géométriques, envie à la fois d'expansion et de contrôle, la technique de Emmanuel serait une mécanique bien huilée, d'un moteur qui prendrait la route de lui-même vers le regard des spectateurs.

« Des rééquilibrages d'accidents chromatiques » selon la définition donnée par l'artiste. Sa main se dirige vers les tableaux, et il reproduit devant nous les gestes et mouvements de l'aquarelle qui absorbe le papier pour se diffuser dans ses fibres. Tel un chef d'orchestre, il reprend aussitôt la baguette dans des abscisses et des ordonnées de traits réguliers. Une « technique au service de l'aléatoire » dit-il en expliquant un détail important : « les lignes sont faites à main levée, j'ai ce besoin de garder une fragilité ».
Des productions évoquent des partitions, et ce n'est pas un hasard. Emmanuel Dykoka pratique la musique, travail en musique, et dit être amateur de jazz. Ce genre qui selon qu'on soit néophyte ou aficionado serait selon la perception un ensemble désorganisé ou l'expression d'une maîtrise des gammes et des instruments.
Déconstruction et construction, un principe bien connu en art, il faut maîtriser pour ensuite pouvoir en jouer. Ces invitations à la rencontre de l'œil de celui qui observe apporte une forme de sérénité, « un travail psychologique des couleurs, ce langage basique ». Une série intitulée Monolithes invite à se projeter de façon verticale, l'abstrait au service du portrait.

Quand il ne peint pas ou ne joue pas de musique, Emmanuel exerce le métier d'architecte d'intérieur. Une compétence qu'il exploite aussi dans son art, sur son site officiel il nous parle de champs de profondeur, et la scénographie qu'il a réalisé au QuARTier va littéralement dans ce sens. Il a su utiliser la profondeur de l'endroit pour présenter des petits formats suspendus, dos à dos, pour inviter à des vas et viens dans le lieu. Un radiateur et des formes striées au mur, qui est voisin d'une fenêtre et la rigueur de ses formes, Emmanuel y a vu l'endroit idéal pour exposer une toile qui répond aux formes adjacentes.

Le Printemps Culturel a fait appel à lui pour illustrer le visuel officiel de la saison 2025/26, il a travaillé sur la base d'une toile existante et « j'ai répondu à la demande du figuratif en ajoutant des éléments ». L'association basée à Douchy les mines est porteuse du dispositif Les quartiers d'art, qui provoque la rencontre entre plasticiens et participants aux ateliers. A propos de ces derniers Emmanuel nous dit qu'il « fallait sortir de l'image d'Épinal de l'aquarelle, et je suis venu avec une consigne : comprendre la pratique de l'abstrait ». Un message entendu, les toiles des participants exposés à côté des siennes en témoignent.

En se renseignant sur le titre de l'exposition Synesthésie, le Larousse nous apprend que le terme nous vient du grec, et qu'il signifie « perception simultanée ». Là où l'art graphique s'inspire de la musique, où l'abstrait tend à une forme d'interprétation figurative, c'est au carrefour des sens que s'inscrit l'œuvre de Emmanuel Dykoka.
- Synesthésie de Emmanuel Dykoka est visible au QuARTier de Fresnes sur Escaut jusqu'au 31 janvier
X.V.
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