Des arts plastiques à la condition féminine, Nathalie Gloria défend qu'« on n'est pas seule »

22/10/2026

Avec Elles en Scène, l'association Cap Escaut centralise autour des femmes plusieurs axes allant de la culture à la santé, en passant par le dialogue ou l'émancipation. Autant de pistes que de profils de femmes, même si pour certaines toutes les cases sont cochées. C'est le cas de Nathalie Gloria qui sera à l'événement de Vieux-Condé le 24 octobre en tant qu'animatrice d'ateliers arts plastiques, mais avec qui on pourra également aborder d'autres sujets, du cancer du sein à la place de la femme dans notre société. Cette polyvalence fait de Nathalie le portrait idéal pour incarner le festival Elles en Scène, et surtout que l'intéressée n'est pas avare d'échanges humains et de dialogues, bien au contraire, et nous avons même pu bénéficier de son ouverture et de son humanisme lors d'un entretien.

Des beaux-arts de Valenciennes et d'Angoulême, à ses différentes vies professionnelles allant de libraire ou secrétaire médicale, c'est à Trith St Léger dans les locaux des ateliers arts plastiques que Nathalie Gloria est présente lors de cet automne 2026. Autant dire que le fait de la trouver dans un endroit précis et un rôle défini est une chance qu'il ne fallait pas laisser passer pour obtenir un entretien. 

Nathalie est ravie de nous recevoir, elle pour qui « tendre la main et dialoguer » serait comme une philosophie de vie. C'est dans le cadre de sa participation à Elles en Scène où elle viendra accompagnée de la production des ateliers qu'elle anime que nous la rencontrons, et à l'instar de ces statuettes inspirées de l'œuvre de Niki de Saint Phalle, Nathalie est riche de ses teintes, et prête à s'envoler tout en gardant les pieds sur terre.

« Je suis partie à Angoulême après avoir étudié à Valenciennes, c'était logique ». Cette logique il faut la chercher dans un des premiers amours artistique de Nathalie, en l'occurrence la Bande-Dessinée. Forte de cette culture familiale et populaire, « avec maman plus franco-belge alors que papa aimait les comics », Nathalie a vécu avec le neuvième art ses premiers pas tout comme ses premières déconvenues. 

En effet, elle est d'une génération pour laquelle ce n'était pas si évident de faire de la BD si on était une femme « reléguée à l'illustration », voilà déjà la première case dans laquelle Nathalie ne rentrait pas. Avec cet exemple elle incarne déjà le sujet que nous étions venu chercher, un de ses axes tout du moins, celui de la place de la femme dans le monde du travail, et dans celui de l'art et la culture en particulier.



Retracer de manière chronologique la vie de Nathalie n'aurait pas de sens, on est ici dans un exercice où c'est le fond qui prime, et si il faut chercher un fil rouge c'est dans la rencontre de l'art et du social qu'il faut le trouver. Quand Nathalie parle c'est aussi pour écouter, et comme pour lier les paroles à l'acte sa main est tour à tour tendue vers l'autre ou elle voyage sur son corps comme pour guider son propos. 

Ainsi quand son bras droit se pli et que sa main vient rencontrer son sein, on peut se demander si la cible n'est pas aussi son cœur, et sans détour nous voilà en train de parler de cancer. « Quand je mène des ateliers, les participantes viennent aussi pour se poser, et si le sujet arrive sur la maladie je leur répond que je l'ai connu aussi », Nathalie nous parle ici de regard qui change, de confiance échangée, « le moi aussi » comme élément fondateur.

Ainsi dans ces statuettes faites de matériaux de récupération il y a tant de Nathalie et de ses amies de « 7 à 77 ans », selon la formule du journal de Tintin. Elles sont faites d'objets récupérés, car il y a de la vie après celle de l'usage premier, il y a des teintes de couleurs pour rendre le tout un peu moins gris, et surtout elles sont si légères en dépit de leur poids apparent. Si la vie se permet d'être absurde comme quand un parent perd un enfant, pourquoi l'art ne le serait pas aussi ? 

La statue c'est aussi cet art qui demande qu'on s'y intéresse sous plusieurs angles, à l'instar de Nathalie qui est à la fois plasticienne et animatrice, initiatrice de prises de paroles et même d'écrits, d'ailleurs elle va célébrer sous peu les dix ans de sa maison d'édition. 

Un profil aussi varié que l'affiche de Elles en Scène où vous pourrez la rencontrer. De notre côté, faute d'une contrainte de caractères alloués à nos articles nous sommes obligés de redonner rendez-vous à Nathalie Gloria dans une prochaine publication pour explorer encore plus ses nombreuses activités. D'ici là, n'hésitez pas à aller vers celle qui incarne cet état d'esprit du « on n'est pas seule ».

X.V.



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