Ch'éto bin : deux Portes Ouvertes des Ateliers d'Artistes à Valenciennes

10/10/2022

Ce week-end se déroulaient les quatorzième Portes Ouvertes des Ateliers d'Artistes. Comme son nom l'indique, cette opération portée par le département du Nord, incite les plasticiens à faire découvrir leur production à travers le lieu où ils créent. Ça c'est sur le papier, car en réalité la rencontre se décline sur plusieurs niveaux. En deux visites sur Valenciennes, à l'H du Siège et chez Yann Kempen, nous avons croisé des profils autres que le simple amateur d'art. On y va pour les rencontres humaines, le réseau, ou même pour y chercher un stage. Accompagnez-nous dans ces endroits où nous sommes allés ce samedi 8 octobre.

Gye Hoon Park en discussion dans son atelier de l'H du Siege
Gye Hoon Park en discussion dans son atelier de l'H du Siege

Nous avions rendez-vous à l'H de Siège pour y rencontrer Pascal Pesez, un entretien qui vous sera détaillé prochainement à l'occasion d'un article dédié. Le principe des Portes Ouvertes des Ateliers d'Artistes cadrait parfaitement pour rencontrer les acteurs du lieu et y prendre son pouls. Arrivé à l'heure de l'ouverture des portes à 14h, le premier visage aperçu est celui de Gye Hoon Park, artiste coréen en résidence. Après un échange hésitant en anglais, voilà Pascal qui arrive. Pas un moment à perdre, après les scolaires la veille, d'autres visiteurs sont attendus aujourd'hui. Adeline la médiatrice culturelle prend son poste, et prépare l'accueil des premiers arrivants. Surtout que plusieurs artistes sont à découvrir dans les espaces dédiés, en ce moment vous trouvez Rémy Hysbergue, Jérémie Setton, Alain Sicard, tous trois invités de la carte blanche à Romain Matthieu, et également Marine Coutelas côté cour.


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Pascal l'admet, le principe des POAA est très bien, mais à l'H de Siège, les portes sont ouvertes régulièrement. Tout du long de l'année se succèdent les vernissages, ou des visites en présence de critiques d'art, et le lieu fourmille de vie avec les artistes en résidence. C'est à l'étage qu'on les retrouve, nous voici donc dans les fameux ateliers au centre de l'opération. On y voit Gye Hoon Park rencontré plus tôt et Frédéric Messager, ils échangent sur leurs techniques et pratiques avec des petits groupes de personnes.  

Deux rencontres ont marqué notre visite, tout d'abord avec un Frédéric, artiste d'origine italienne comme le confirmait son léger accent, qui de toute évidence était venu à l'H du Siège pour se familiariser avec une partie du réseau local. Il nous laisse sa carte, il aimerait exposer sur le valenciennois, on se fait la promesse de se revoir. Le second échange fut avec Azema et ses parents. Elle a 13 ans et est en troisième mais elle sait déjà que son parcours d'étude se fera vers les arts, le design plus exactement. Pascal nous explique qu'elle est venue se renseigner sur la possibilité d'un stage, et sa mère nous explique qu'en cherchant les mots clefs arts et valenciennes sur un moteur de recherche, c'est l'H de Siège qui est tombé en premier. Azema et ses parents apprennent l'existence de l'ESAD sur la ville, qui cadre dans les aspirations d'études de la collégienne, avec ces conseils les POAA révélaient un autre potentiel.

Yann Kempen devant ses tableaux
Yann Kempen devant ses tableaux

C'est ensuite au Neuf-Bourg que nous retrouvons Yann Kempen. Pour lui les Portes Ouvertes des Ateliers d'Artistes sont un moment fort de son année, car il l'admet : ça lui permet une visibilité, lui qui n'est pas bon pour démarcher expositions et galeries : « oui je sais, il me faut un agent », dit-il avec le sourire. Le local qu'il occupe rue des Récollets sert pour ce week-end, son véritable atelier est selon lui moins praticable pour recevoir du public. Ici au milieu des représentations de Goldorak, playmates manga, et de Tintin, on retrouve la production empreinte de culture pop qui définit son œuvre. Un axe qui l'a toujours porté depuis ses études aux beaux-arts, mais qui pourrait faire grincer des dents les ayants-droits de certaines propriétés intellectuelles. Yann défend sa démarche: « en France le pastiche est protégé par la loi ».



Qui dit Neuf-Bourg et arts plastiques, fait que Manu la gérante du Camel à Léon est forcément pas loin, ainsi aucune surprise de la croiser aux côtés de Yann Kempen. D'ailleurs, ce dernier lui rend hommage : « c'est elle qui m'inscrit aux POAA, une fois de plus j'ai du mal à assurer ma promotion ». Benjamin qui cherche un tableau pour décorer son intérieur regarde avec attention les toiles. Il nous explique que c'est la première fois qu'il découvre le principe des POAA, c'est en découvrant une annonce sur Marly qu'il arriva sur le premier lieu de ses visites, « il y avait des chats et des enfants » lui demande-ton. Il confirme, on sait alors qu'il était chez la touche-à-tout Sophie Monchicourt. De là, il a appris que tout un ensemble de portes ouvertes existaient sur le valenciennois comme dans toute la région. Pour la suite, nous l'avons invité à se diriger vers Aulnoy-lez-Valenciennes pour découvrir notre coup de cœur pour Soilioba.

Yann n'était pas seul dans le local de la rue des Récollets. On y trouvait aussi Pierre-Alexis Deschamps qui avait tendu des fils à linges, sa manière d'exposer ses fameux mouchoirs, inspirés de différents artistes et motifs. Ce n'était pas trop une surprise de trouver les deux artistes se partageant le même lieu, plusieurs choses les unis, leur manière de lier l'art et le populaire et surtout leur appartenance au « réseau Camel ». Pierre-Alexis Deschamps fait la transition avec le bar-restaurant de la rue Capron en annonçant sa participation à la traditionnelle braderie de l'art du mois de décembre, et une prochaine exposition début 2023. Etre là dans un petit local avec un confrère plasticien donne des regrets à Yann : « avant on avait un local pour exposer, mais avec le prix du loyer et aucune aide ça n'a pas tenu ». Comme beaucoup il regrette qu'un lieu fixe dédié aux artistes locaux n'existe pas sur Valenciennes intra-muros. Pour voir Yann et ses productions prochainement, vous le retrouverez à l'occasion du salon international de la bande-dessinée qui se tiendra les 19 et 20 novembre à la cité des congrès.  

Et de votre côté, comment se sont passées les POAA ? On l'imagine comme nous riches de rencontres et de discussions, le tout entourées d'œuvres avec une boisson et une douceur offertes. Un moment qui met aussi en exergue certaines demandes et réalités des artistes, un coup de projecteur comme il en faudrait sûrement plus. Le côté positif est celui du champ des possibilités des rencontres, et montre que l'art plastique n'est pas en reste pour fédérer. 

X.V. 


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