Chérir l'invisible, telle l'expression des liens qui composent le Cabaret de Curiosités

10/02/2026

Avec l'intitulé de Chérir l'Invisible, le Cabaret de Curiosités édition 2026 propose un nouvel éclairage sur des thématiques contemporaines et sociétales. Dans cet invisible il y a aussi bien ces aspects qui méritent qu'on s'y attarde, d'autres pour lesquels la lassitude ferait détourner le regard, ou même la nécessité d'ouvrir les yeux sur ce qui nous échappe. Une programmation qui rassemble pas moins d'une douzaine de rendez-vous, forts du réseau du Phénix et de ses partenaires du 3 au 6 mars.  

C'est avec un visuel sobre qui n'aurait rien à envier à Soulages que le Cabaret de Curiosités 2026 annonce sa tenue ce début mars. D'un noir profond se dessinent des courbes et des lignes qui suscitent mais qui rappellent que de l'obscurité jaillira la lumière. Le CdC nous « plonge dans ces zones où l'invisible apparaît par fulgurances » écrit en introduction du livret officiel Romaric Daurier. Même si la secrétaire générale du Phénix Nina Vandenberghe rappelle à juste titre que la programmation résulte d'un travail commun, celui qui fut directeur jusque fin 2025 n'est pas parti à la direction de la Maison de la Culture d'Amiens sans y apporter sa touche. 

On le sait, le Cabaret de Curiosités est et restera une des empreintes fortes de Romaric Daurier sur la scène nationale. Chaque année lors de la présentation il aimait à rappeler que sa satisfaction se situait aussi à voir « côte à côte sur la même rangée un programmateur venu de New York et un étudiant de l'UPHF ». Faute de l'avoir entendu de sa voix cette année, ce leitmotiv apparaît une fois de plus dans notre annonce.

Une thématique ne se décide pas, elle s'impose d'elle-même. Elle reflète des courants de productions et des sujets contemporains. Ainsi Chérir l'invisible se décline à travers différentes créations et leurs interprétations. C'est à la fois les fantômes éthériques ou les traces qu'ils laissent sur les corps et esprits violentés de l'unique roman de Emily Bronté que la compagnie La Phenomena adapte dans Hurlevent

Dans ce que l'on ne voit pas, il y a des liens qui unissent enfants et parents, cette filiation solide et fugace à la fois, et qui s'inscrit dans le temps à travers le propos de Stéphanie Aflaolo avec Tout doit disparaître. Ces deux offres se tiendront au Phénix, une affiche qui est complétée par Next/, une « autopsy d'un massacre amoureux », un jeu de mot assumé pour parler des mécanismes de la page qui se tourne.  

Photo: © Christophe Raynaud de Lage
Photo: © Christophe Raynaud de Lage

Les relations du Phénix avec ses partenaires deviennent palpables lors du CdC, des médiums qui se produiront à l'Espace Pasolini, ou pour rester dans le spiritisme le thème de la voyance qui se jouera avec Maria au Boulon, l'événement sera une fois de plus l'affaire d'un réseau en action. Hors du valenciennois et grâce au service des bus navettes, vous irez jusque la gare numérique de Jeumont pour rentrer dans la macabre affaire des noyés de la Deule au centre de Citadelle

Sur la Porte du Hainaut, l'Imaginaire est de nouveau partenaire, l'occasion d'insister une fois de plus sur les nécessités de la mise en lumière du mouvement #MeeToo avec les Histrioniques. L'atelier Renaissance de Maubeuge pose la question Comment construire un univers qui ne s'effondre pas en deux jours, le tout par le prisme de thématiques qui ont fait le succès d'auteurs comme Philip K.Dick. En allant à l'espace Casadesus de Louvroil vous ferez un voyage dans le temps et dans l'espace pour arriver dans l'Iran des années 60 et sa poésie de Ma maison est noire. Enfin la route du Cabaret de Curiosités se fera l'écho d'une histoire de la mine et de climat à travers la proposition de la Rose des Vents de Villeneuve d'Ascq, un format spectacle conférence par le spécialiste du genre Frédéric Ferrer. 

De retour dans le valenciennois, vous êtes conviés à une traversée pédestre en collaboration transfrontalière entre l'Arret 59 et le Boulon. Comédie et musique dans la forêt de Peruwelz pour Croire aux fauves d'après le livre de Nastassaja Martin, un voyage aussi bien physique que spirituel.  

Photo: © Kalimba Mendes
Photo: © Kalimba Mendes

Chérir et l'invisible, deux notions qui s'assemblent et qui sont loin d'être antinomiques. On sait que Le Phénix dans sa mission de soutien à la création a été concerné par le destin des artistes en Ukraine. La résidence et la présentation du spectacle des Dahk Daughters en février 2023 allait déjà dans ce sens. 

Et trois ans plus tard, alors que le conflit s'enlise, il ne faudrait pas l'oublier dans le flot des remous à l'international. C'est en partie ce qui a motivé les actions des 5 et 6 mars, en diurne et nocturne pour les DCCC Night & Day. Des rencontres et des témoignages dans les langues universelles de la musique et de la cuisine sous la forme de concerts et d'ateliers en tentant de répondre à la question : « comment créer en temps de guerre ».

Un Cabaret à tiroirs comme à son habitude, qui sera également fait d'une lecture de Simon Capelle à l'H du Siège, d'un focus sur les portraits sonores de Alexandra Badea captés par Rémi Billardon dans le cadre de la convention les Remèdes de l'âme avec l'hôpital Jean Bernard, sans oublier les regards des lycéens valenciennois ou les ondes des étudiants de Radio Campus qui partageront leurs ressentis sur l'événement.

Photo: © Richard Schröder
Photo: © Richard Schröder

Pour conclure, laissons une fois de plus la parole à Romaric Daurier, qui termine son édito du Cabaret de Curiosités avec cette formule : « un geste collectif pour amplifier les voix qui refusent de disparaître ».

Valexplorer reviendra dans de prochaines publications en détail sur certains spectacles, avec rencontres et dossiers exclusifs au plus près des artistes de ce Cabaret de Curiosités 2026.

X.V.



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