Même si c'est Maëlle Dequiedt qui
nous parle du fond et de la forme de Hurlevent, elle insiste sur le
fait que c'est la Phenomena qui porte la création: « je
n'aurai jamais imaginé le projet sans l'apport des comédiens ».
Car dans la compagnie, on crée sur une base existante, pour aller
vers des ajouts d'improvisations, un glanage défini comme une
« transformation de l'intérieur, c'est ainsi que la langue se
crée ». Une base d'imprévu et de vivant, d'où découle
l'absurde qui surgit « de façon naturelle », et
également un travail inspiré agrémenté de sources biographiques,
« on a cherché dans ses poèmes mais aussi les écrits de
cette fratrie fascinante».
L'autre marque de fabrique de la
Phenomena serait dans cette actrice invisible mais tout aussi présente qu'est la musique. Pour la première fois, Maëlle collabore avec
Nadia Ratsimandresy, qui a su répondre à la consigne « de la
spécificité de l'écoute sur le plateau » pour tendre vers
une composition aux couleurs « vintages », notamment
grâce à l'utilisation des ondes Martenot, ce cousin du thérémine.
En résulte que Hurlevent est habité d'une ambiance « de
huis-clos qui n'en est pas un, à ciel ouvert avec une dimension
paysage très forte, sombre et prenante ».