On pourrait dire de Mes Peaux que c'est
une œuvre où Benoît tente la mise à nu, écorché vif, ou on se
demande comment être bien dans sa peau. La langue française est si
riche d'un champ lexical autour du sujet que le titre au pluriel
trouve tout son sens. « Tout est parti d'un masque »,
nous explique Benoît, basé sur son propre visage et qui l'a tout de
suite interrogé : « comment cet objet se duplique dans
une série de symboles ? ».
A partir de là, son intérêt
pour le corps et les thèmes qui s'en dégagent ont ouvert le champ
des possibilités : « comme une idée de creuser les
couches de l'épiderme ». Mes Peaux ne pouvait donc avoir
qu'une seule forme, celle d'un solo, où l'individu se cherche,
construit et déconstruit son être et son propos. Il y a de la force
et de l'humilité dans cette carapace qui évolue sur scène, « car
la carapace renvoi à du solide, mais aussi à l'idée de quelque
chose de fragile ».
Du cinéma à la performance en passant par le son, Benoît Duvette se dit satisfait des différentes disciplines qui s'offrent à lui pour développer ses idées. « Les étiquettes, les cases, quand on est artiste on a du mal à adhérer à tout ça ». C'est ainsi qu'il se félicite de se produire à Valenciennes en ouverture du Cabaret de Curiosités : « déjà c'est un honneur, et cette ville a aussi une facette pluridisciplinaire », en donnant des exemples allant de la DREAM, Art Zoyd aux statues qui ornent rues et parcs.