C'est le post-punk de st. python qui ouvrira le volet musical des Agités du Mélange le vendredi 12 juin à Fresnes sur Escaut. Ce premier groupe sur une affiche certifiée 100% Hauts-de-France illustre la variété et la qualité proposée tout en réduisant l'empreinte carbone de l'événement. Avec st. python, c'est un véritable son de façade qui fait...
Agités du Mélange : st. python ouvre la partie musique du festival
C'est le post-punk de st. python qui ouvrira le volet musical des Agités du Mélange le vendredi 12 juin à Fresnes sur Escaut. Ce premier groupe sur une affiche certifiée 100% Hauts-de-France illustre la variété et la qualité proposée tout en réduisant l'empreinte carbone de l'événement. Avec st. python, c'est un véritable son de façade qui fait bloc autour des quatre membres, une unité dans la composition qui tendrait à donner à la formation une appellation de collectif. Voyage en leur compagnie sur leur tempo pour leur vision d'un road-trip dans une société au point mort.

« st. python est clairement un groupe de salle de répét », annonce le chanteur Franz. Une déclaration qui sert à la fois le propos de la composition collégiale que l'origine géographique qui leur a donné leur nom. Car cette salle de répét n'est autre que les locaux du studio Boar qui était situé à St Python. Un élément fondateur s'il en est, car Simon le gérant est également le batteur de la formation, « ce qui nous a donné un confort de travail, en enregistrant tout de suite des maquettes », le bassiste Renan qui se réserve d'ordinaire ne manque pas d'apporter cette précision. A ces trois compères, ajoutez Pierre à la guitare « et aux conseils avisés » , et les présentations avec le combo st. python sont faites.

Pour situer le groupe aux « rythmiques punk à des sonorités électroniques pop et parfois noise », trois influences sont souvent amenées à la presse, en l'occurrence le groupe de rock irlandais Fontaines D.C., leurs compatriotes aux tendances indés Gurriers, et enfin les frenchies de Gwendoline et leur cold wave. Pour connaître Franz et ses chouchous, on lui fait remarquer qu'il y aurait une touche de Sleaford Mods, et avant que le chanteur ne puisse confirmer, son bassiste esquisse un sourire en hochant de la tête.
C'est d'ailleurs le groupe britannique qui donnerait la meilleure introduction aux textes écrits par Franz, si dans post-punk il y a punk, c'est que st. python s'inscrit dans cet héritage de 1977 et son décryptage d'une société avec ses scléroses et malaises. Faites la somme de tout cela, et vous comprendrez mieux la philosophie exprimée en ces termes : « réinventer un style c'est un chantier, pas un objectif ».
Des airs amenés « comme en sifflotant par Simon et Pierre », jusqu'aux textes de Franz, st. python fait corps dans la composition. D'ailleurs travailler en groupe pour en tirer le meilleur de chacun, c'est ce qu'ils font tous dans leur vie professionnelle, de studios d'enregistrements aux plateaux des salles de spectacles, en passant par les actions fédératrices du jeu de société ou du monde associatif.
Des caractères qui donnent cet ensemble qu'est st. python, un collectif qui trouve son expression quand Hugo Zuindeau à la technique en concert est cité comme le cinquième homme, ou Rom Tom Cat au mixage et mastering de leur EP Pays Noir.
« La vie moderne c'est la guerre », peut-on lire sur leurs t-shirts officiels. Un slogan tiré de leur premier morceau, « et reprenez le contrôle du monde », nous disent-ils comme un cri de résistance. Ces textes, Franz les pensent généralement en voiture, « à circuler parmi les autres, on comprend mieux la société actuelle ».
Ce que l'on saisit également c'est cette notion de mouvement, ou d'immobilisme, qui serait comme le fil rouge des morceaux de leur EP Pays Noir. Ce disque enregistré suite à une résidence à Charleroi avec Le Vecteur saisit le potentiel live du groupe. Il y a ce côté carré et enchaîné des morceaux, et la spontanéité des impromptus à l'image de l'interlude « le silence des canaris », un hymne à la terre minière, ses hommes, et ses drames, une exclusivité du disque.
Avec un rythme effréné, une mécanique des instruments carrée, et les textes de Franz, on ne peut pas donner raison à ce dernier quand il chante, « les plus belles choses sont les plus ordinaires », on tient ici quelque chose d'esthétique sans être normé.

Avant de vous arriver le 12 juin à Fresnes sur Escaut où les membres affirment « être très contents de pouvoir enfin y jouer, on s'est préparé à ce genre de scène », il y a eu évidemment toute une histoire de salles et concerts.
Lancement sur la scène du festival Bruits d'été en 2024, « ça nous a amené à passer un cap » selon Renan. Retour aux Nymphéas au printemps suivant suite à une résidence, « et là les gens sont venus juste pour nous, des amis évidemment, mais avec un véritable regard critique », une pression de levée.
S'en est suivie une série de dates hors du valenciennois et de la région, parmi celles-ci une restera comme fondatrice, en l'occurrence celle du 31 octobre 2025 aux Tanneries de Dijon. « Nous voilà programmés avec des groupes punk et electro, on se demandait ce que l'on faisait là », une remarque incongrue au premier abord quand on sait que leur son est au carrefour de ces styles. Franz poursuit l'anecdote : « notre tour arrive, le public est tout aussi réceptif que sur les autres groupes. J'ai même fait là mon premier slam avec st. python, bien soutenu par la foule ». Le grand saut pour la formation, désormais les quatre musiciens savent qu'ils peuvent recevoir littéralement l'appui du public.

Ainsi si vous voulez « lever le poing et être disco », allez à la rencontre de st. python, pour onduler comme le serpent canonisé du post-punk. Après leur passage à Fresnes sur Escaut, le groupe continuera à écumer salles et scènes pour ensuite préparer la sortie d'un nouveau disque intitulé Club 404 à l'hiver. Toutes les infos sur les réseaux de st. python aux liens ci-dessous.
X.V.
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