Agités du Mélange 2026 : le défi a été lancé et relevé

16/06/2026

« Défi », le terme a été prononcé par le président de Cap Escaut Kévin Pollet lors de son discours d'ouverture des Agités du Mélange, et fut même repris par madame le maire de Fresnes sur Escaut Valérie Fornies. Car pour replacer le contexte de l'édition 2026 du festival, rappelons tout de même qu'il s'est construit sur la base d'un budget réduit, dans un contexte national où la culture subit des baisses de subventions en dépit que les institutions de notre territoire tentent de maintenir leur soutien. Une trésorerie qui a obligé Cap Escaut, la ville de Fresnes sur Escaut, et leurs partenaires à repenser l'événement tout en gardant ses spécificités. Un tour de force pour lequel nous témoignons ici après les 12 et 13 juin, où on peut clairement dire qu'il ne faut pas mettre les organisateurs au défi, ils savent le relever et le public a été complice de la dynamique portée.

Par quel bout entamer la banane de ce compte-rendu ? Peut-être avec un léger recul à chaud, où quand le lundi qui a suivi le festival on pose la question au président de Cap Escaut Kévin Pollet de résumer en un mot son ressenti, il nous répond : « la claque. C'est ce que je pense et ce que j'ai entendu de plusieurs personnes ».

Plus de 3200 entrées estimées sur les deux jours des Agités du Mélange, un public varié dans ses âges, classes sociales, entre habitués et nouveaux, et surtout chacun et chacune avec ses goûts propres à soi mais ouverts à la découverte. « Je suis venu pour st. python et là je découvre NORD//NOIR » nous dit Dominique le vendredi, un écho en sens inverse observé par Kévin Pollet, « j'ai rencontré des fans de NORD//NOIR qui sont arrivés plus tôt pour découvrir le festival et ils m'ont remercié à la fin ».

C'est que la prestation de st. python et la soirée qui a suivi résumaient assez bien ce qu'allait être cette édition 2026. A l'exercice délicat d'ouvrir un festival le groupe de post-punk s'en est tiré avec brio, l'audience était au rendez-vous dès l'ouverture des portes pour le vernissage au QuARTier, et il a pris de l'ampleur tout du long du concert. 

Un ensemble qualitatif sur scène et autour des expositions qui permettait de faire une première observation, il n'y a pas que l'événementiel qui peut être porteur de fête, la culture l'est tout autant, sans mettre en opposition l'une ou l'autre forme, les Agités du Mélange sait placer son propre curseur. Avec sa formule éclectique résumée par son intitulé « agité » et « mélangé », l'offre de l'événement attire par un nom à l'affiche, pour vous envoyer vers un autre, « et c'est tout à fait à notre image », explique Kévin, « on vient de différents milieux dans Cap Escaut, avec différents goûts, et on sait s'unir sur un seul et même projet ».



Un public varié, et qui devient de plus en plus fidèle ? Kévin l'a observé. Ainsi quand on lui fait remarquer que désormais les Agités du Mélange est rentré dans le club des Turbulentes et du Hainaut Belles Bretelles, où l'on vient pour un cadre et une ambiance pour ensuite s'imprégner de l'offre, le président répond, « enfin, 11 ans c'est ce qu'il a fallu ». 

Un exemple de variété et de fidélisation avec Stéphane Costaglioli, sous-préfet de Valenciennes, qui pour la deuxième année consécutive a fait l'effort de venir à Fresnes sur Escaut, et pas que dans ses fonctions, comme tout bon festivalier il a su aller d'un point à l'autre de l'événement, curieux des arts qui coexistaient.

« Une édition sur deux jours, avec un vendredi repensé, mais qui ne perd en rien de son ADN ». C'est par cette formule qu'on nous avait présenté les Agités du Mélange, et force est de constater que l'on a reconnu le festival, et pourtant il a su nous surprendre par de nouveaux aspects. La nouvelle décennie entamée s'est montrée inventive, à l'image de l'élection de miss et mister banane, « un succès, il faut penser à le refaire avec un nouveau thème », dit avec satisfaction la responsable artistique du QuARTier Dorothée Péry. 

On a eu nos lots de surprises, et ce n'est pas Tante Adèle et la Famille qui a reçu sur scène un gâteau haut de 1,80m pour ses 30 ans qui nous dira le contraire. Les partenaires comme le Printemps Culturel ont été essentiels pour donner ce nouveau souffle à l'événement, notamment en faisant le lien avec la compagnie de la Roulotte Ruche pour la partie arts de la rue pour laquelle vous avez été aussi très sensible.

L'exemple de l'apport du Printemps Culturel permet de dresser un « who's who » des acteurs du festival. Car si Kévin nous parle des identités qui forment Cap Escaut, il n'en n'oublie pas pour autant les autres partenaires qui composent la palette tout aussi variée. 

De Dorothée Péry et son équipe au QuARTier qui ont assuré la scénographie ; au Musée Vivant des Enfants dont les membres sont tour à tour porteurs de propositions pour les expositions, animateurs d'ateliers, et même bénévoles sur différents pôles ; la ville et ses représentants eux-mêmes polyvalents à l'image de l'adjointe à la culture Elodie Gourdin qui a vécu son baptême AdM, de la préparation du festival au discours jusque son aide précieuse au stand de la banque, sa prédécesseure Marie-Thérèse Maniez qui reste actrice de l'événement au catering ; la cheffe de projet culture pour la ville Elodie Le Demazel qui sait donner d'elle-même et aussi nous prêter ses bureaux pour y travailler lors de notre couverture ; sans oublier les bénévoles devant et derrière les scènes, ces professionnels du temps accordé ; jusqu'aux médias partenaires et fidèles que sont Radio Club et Ménahanis Film pour rendre compte pendant et après sur les ondes et les écrans ; ou même l'association des Épicuriens qui se sont assurés que chacun reprennent des forces au moment des repas, une liste non exhaustive de la mécanique bien huilée du festival.

Ça a tourné à l'image des poteries de Anaïs Fumana et des différents ateliers, ça a fusionné en farandole comme lors du concert des Fûts d'Osons, ça a dansé lors des sets DJ de chaque fin de soirée ou sur la salsa, ça a souri lors du passage des bananes et l'élection de miss et mister du festival, ça a été une fête à votre niveau comme lorsque Barabbas est descendu de scène ou quand les écoles de musique ont prouvé qu'ils avaient toute leur place dans l'offre qualitative de la programmation. 

On retiendra cette remarque que Kamini a faite durant son concert : « merci à ce genre de festival qui sait mettre à l'honneur des artistes qui méritent de jouer et d'être plus connus ».

Et donc cette nouvelle formule sur deux jours, va-t-elle devenir la norme ? Difficile de répondre pour Kévin Pollet même si l'édition 2026 a fait ses preuves. A l'heure de dresser les bilans une seule certitude, qu'importe la forme tant que le ton reste le même, et quand on entend le président de Cap Escaut parler au futur de l'événement on sait qu'on sera de retour en 2027 à Fresnes sur Escaut pour s'agiter et se mélanger de nouveau.

X.V.


« Défi », le terme a été prononcé par le président de Cap Escaut Kévin Pollet lors de son discours d'ouverture des Agités du Mélange, et fut même repris par madame le maire de Fresnes sur Escaut Valérie Fornies. Car pour replacer le contexte de l'édition 2026 du festival, rappelons tout de même qu'il s'est construit sur...

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