A Travers Chants : notre chronique de Moi, Mathilde et Jacques Brel

02/04/2026

A Travers Chants 2026 fut un cru remarquable, autant sur le plan de l'affluence que sur la variété des artistes proposés, une affirmation qui nous vient de la part de la direction de la MJC de St Saulve. Pour tourner la page de cette 32ème édition du festival dédié à la chanson française, nous vous proposons un compte-rendu du spectacle Moi, Mathilde et Jacques Brel. Une ode au grand Jacques par la compagnie La pendule d'argent, c'est à la première qu'on pu assister public mais aussi scolaires le 10 mars. De Bruxelles aux Marquises, des amours à l'amitié, une vie d'artiste par le prisme de ses chansons et un conférencier qui rêverai un impossible rêve lors de sa quête de l'être aimé et de la reconnaissance.

Le souvenir de Moi, Mathilde et Jacques Brel, restera impérissable comme un petit bonbon. Programmé dans le cadre de A Travers Chants, cette parenthèse qui n'était pas un concert mais surtout une création scénique avait légitimement toute sa place dans le cadre du festival de St Saulve. 

Légitime car d'une part ce spectacle mettait à l'honneur le plus belge des chanteurs en français, mais aussi que cette création a reçu le soutien de la MJC Espace Athéna, et les membres de la compagnie la Pendule d'argent sont allés à la rencontre de scolaires lors de leur présence sur le valenciennois. La méthode ATC en somme, qui serait de divertir et partager, encourager les artistes en leur mettant à disposition les moyens techniques, et enfin offrir au public des exclusivités. En somme, quand on a que l'amour à s'offrir en partage.

Moi, Mathilde et Jacques Brel est la première création de la compagnie La Pendule d'argent, et chez ces gens là on ne compte pas, on joue ! D'abord il y a l'aîné Sébastien Lenglet à l'écriture et à la mise en scène, et il y a l'autre qui a prêté également sa plume en l'occurrence Léandre Leroy et qui sur scène incarne le conférencier César Flamand, il puis il y a Louison Selmane que vous aimerez pareil qu'on a aimé Louison. Ensemble ils ont pensé cette histoire qui débute dans le Bruxelles qui brusselait pour aller vers Paris et ses prénoms, sur les pas du grand Jacques, et d'un amoureux de Mathilde, ou alors serait-ce Madeleine, Marieke, voire Frida ?  



Le spectateur suit ainsi César Flamand conférencier spécialiste de Brel, invité à partager sa connaissance du chanteur du plat pays, et qui sous un plafond suit son étoile, telle est sa quête. Sur sa route il croisera l'amour, c'est peut-être Mathilde, elle n'a pas de visage et tour à tour devient une silhouette, une voix, un idéal. 

« On a voulu un rythme », dit le metteur en scène Sébastien Lenglet en faisant un parallèle évident avec les chansons qui les ont inspirées, souvent empreintes d'un crescendo. Une forme qui fut la somme de plusieurs pistes : « on ne voulait pas une biographie, ni une conférence, ni un tour de chant. On a fait les trois à la fois ».  

Dans un décor qui en fonction des tableaux se compose et de décompose pour au final aller voguer sur d'autres flots, on retrouve le personnage incarné par Léandre Leroy. Beau et con à la fois, l'acteur est habité par ses deux incarnations, le conférencier et son idole, et chaque femme à l'heure de succomber entre ses bras trop maigres semble lui murmurer de passer de l'un à l'autre. 

Un travail de gestuelle qui résulte d'heures d'observation de la part du comédien, et une langue qui prendrait à l'occasion d'une blague l'accent Bruxellois, même si plus personne n'a cet accent là, sauf Brel à la télévision.

Louison Selmane de son côté incarne la femme, ou plutôt les femmes. Elle joue une partie où l'anonymat se confond dans des prénoms, dans un jeu de lumière apporté par le technicien Olivier Martin elle devient une silhouette parmi les ombres, ou alors elle existe à travers un dialogue lointain venu des coulisses à travers le fil d'un téléphone. « Mais qu'importe le prénom, ce qui importe c'est la rencontre », une réplique qui résumerait la création, une quête de l'individu à travers l'être aimé.

Car dans la vie de Brel les femmes étaient présentes, mais ce grand romantique n'était pas si tendre avec elles. Quand Mathilde ou Madeleine étaient sans le savoir les héroïnes de ses désamours, c'est à Jef et Jojo qu'il écrivit ses plus belles lettres d'amitiés. Le chanteur serait un personnage complexe, et c'est en ça que César Flamand incarne cette quête d'identité. Moi, Mathilde et Jacques Brel serait une trinité comme dans cette valse à mille temps où « il y a toi, il y a l'amour, il y a moi ».

X.V.

Crédits photos: © Thierry Saïz-Cametz


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